mardi 15 avril 2008

Swinging Singles

Il en est de la punk music comme de la vie, on en a qu’une seule mais on en parvient à s’en demander par quel miracle elle est peuplée de personnages si originaux et différents.

Le moins que l’on puisse dire est que le petit groupe au nom de farce lycéenne dénote dans la vague cuir et épingle à nourrice de l’époque, gravée à jamais dans un inconscient collectif à deux euroballes appelée culture pop.
En effet, avec sa prose romantique et ses chemises à jabot colorées, le cercle des poètes disparus de Manchester tord le cou à bien des idées reçues.

Puis on dira ce qu’on voudra, mais les singles punks de 2 secondes 30 étaient une super formule, sortant toutes les semaines, et aussi prestement pressés qu’enregistrés, permettant toutes les folies, de la blague grasse aux brûlots furieux.

Le tout disponible pour 10 francs Giscard, chez le disquaire du coin.

Il faut dire que dans ce domaine, les Buzzcocks excellaient, tout comme leurs compères Clash dans le domaine et, trop généreux dans l’effort, ils arrivaient littéralement épuisés sur leurs albums.
L’écoute, même distraite et parcellaire de cette anthologie suffira à vous en persuader.
C’est pour cette raison, délicieusement subjective que j’ai choisi de vous parler de cette Singles Anthology.
On ne se bornera pas ici à l’exercice fastidieux de la critique exhaustive de chaque chanson présente, nous allons juste picorer ensemble à ce roboratif buffet.
Séparons les bons grains de l’ivraie et bannissons les errances electro pop new waves maladroites bien que sincères et gardons les fulgurances mélodiques des poètes de Manchester.

N’y allons pas par quatre chemins, au sujet du CD n°1 : ne retenez que les singles repris sur la compilation I Don’t Mind The Buzzcocks ou plus récemment rééditée sous le nom original de Buzzcocks Finest, les imprécations mélodiques en valent le coup. On n’y rajoutera que le sempiternel « Orgasm Addict » pour l’histoire avec un grand H. Le reste étant insupportable pour un public non amateur, rien qu’ou niveau des feulements de voix pubères.

Dans le CD 2, le groupe marche dans la pop dégourdie, rien qu’avec la première chanson « Are Everything » et ses violons 80s.
Les imprécations poético futuristes de ces Beatles punk se matérialisent sur « Airwaves Dreams » avec une ronde guitares lointaines et lancinantes pas si éloignée de celles de leurs petits frères de Joy Division.
Pour vous en convaincre écoutez l’intro noyée dans l’ombre de la très sombre « Strange Thing », la filiation Mancunienne n’en devient que plus évidente.
Le cri du cœur « Why Do ou Know ? », saupoudré de saxophone (80s oblige) entraînera n’importe qui vers des sommets de nostalgie kitsch pré 1989.
Toute l’ambiance de ce disque illustre à merveille la glissade mainstream qui se rapproche ouvertement de Blondie, la très dansante « Serious Crime » est juste un appel à se bousculer sous la boule à facette, même si la reverb de caisse claire 80s est dure à avaler de la part de ces jeunes gens un peu plus expérimentés. Les quelques titres live glissés comme bouche trous rendent justice à ce groupe dont les guitares live énormissimes vous submergent violement comme une cuite au Gin encore fraîche.
« Inside » est une bonne tranche de classicisme, plus proche du live laissant de coté les orchestrations bizarres et les effets ampoulés de la plupart de leurs titres de l’époque, on y retrouve une touche de spontanéité et simplicité joyeuse fort plaisante.
Comme lorsque vous sortiez plus tôt du collège à cause d’un prof absent vous savez ?
La gueulade « Trash Away » peut être considéré comme un hommage aux Stooges à la sauce Anglaise.

Le CD 3 est juste un excuse pour frimer, contenant des lives, démos, une grande interview très instructive et quelques prestations plus récentes et amusantes comme « Thunders of Heart » qui sonne comme du Buzzcocks déguisés en Weezers dopés au Cindy Lauper.

On restera béats devant la rapidité de « Jerk » et ses cœurs, c’est dire le niveau technique atteint par le combo à la fin de sa carrière et le niveau respectable de ses titres récents comme « Sick City Sometimes » sorti en 2004.

Comme vous l’aurez sans doute compris à la lecture de ces quelques lignes que cette compil’ est d’abord réservée aux total fans des Buzzcocks et autres amateurs de bizarreries pop new wave, parfois un peu limite dont je fais à mon corps défendant partie. Mais bon, avouez le, à ce prix, 9€ pour 3 CDs, disponibles dans une chaîne magasins de produits culturels dirigée par un milliardaire anglais excentrique, que demande le peuple ?

Ah oui, pour le même prix, des pots de gels super-duper fixants ou une place d’UGC le week end pour Asterix et les Jeux Olympiques.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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