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lundi 29 septembre 2008

Rock and roll in your daily life (part6)


Hoho, i know an old pal o' mine that will propably wet his pants reading those few lines. This is exactly the kind of thing you can discover, wondering a quiet street of Berlin.
The ultimate phoenix post war city. Mad anf quiet in the same time, classic and terribly crazy. In Paris, no chance to discover such a discreteVelvet Underground - Warholian banana hommage, the only place where you can find it is on a fancy t shirt worn by a fancy dude who don't have a clue of what it's all about.

"yeah man, I'm wearing the picture of a fruit, like Justice, but they're out now"

It's finally easy to understand why this city was loved By Lou Reed (ahah), Iggy Pop and Bowie, nice wursts, good beer and welcoming people.

Berlin ist wunderschöne !

vendredi 11 juillet 2008

The OC : The Original Copperhead

Hier soir, le fond de la nuit était tiède, vous avez, ce genre de nuit qui vous rendent soucieux et vous enveloppe de leur torpeur chaude et poisseuse.
Un peu comme quand vous faites l’amour, sauf que là vous êtes seul à vous retourner dans tous les sens sans avoir une traître chance de trouver le sommeil.
On tombe alors dans un état de demi conscience embrumée et on cauchemarde.

Personnellement, j’ai rêvé que j’étais un GI dans la tourelle d’un tank à Bagdad, et le pire, c’était que j’adorais ça (sûrement un des effets de ces amphétamines de guerre top secrètes).
Je dégommait béatement des insurgés (ou des civils, peu m’importait) à coup d’arme automatique télécommandée avec une joie sadique malsaine.
Comme dans un jeu vidéo, viseur digital et vision nocturne. Un mec au coin d’une rue avec une arme automatique, j’ajuste et BAM ! Un obus de 20 mm l’engloutit dans un nuage de fumée et de poussière qui le vaporise immédiatement. Rebelote avec un autre quidam KABOOM ! Une jambe en moins et il s’étale sur le bitume, considère sa jambe manquante de manière incrédule, gigote un peu et KAZAM, plus qu’un trou béant. Dérangeant non ? A coup sûr le contre coup de valse avec Bachir.

Un aspect important de cette incroyable (et pour le moins politiquement incorrecte) expérience était que comme tout bon péon californien qui se respecte, j’écoutait à plein pot le seul et unique album publié de Copperhead, grand groupe de rock local, dont la reconnaissance se borne injustement aux frontières de ce pays - état.
Il faut dire que la profusion de bons groupes de hard rock au début des années 70 ne les a pas aidé, en dépit de la notoriété déjà acquise de certains membres de ce combo.

Un déficit de connaissances bien malheureux que nous allons tenter de combler ici.

Une formation un peu cousine de nos adorés Flamin Groovies, la passion pour le rockabilly en moins et la virtuosité soliste insolente du très sémillant baba cool John Cipollina (Un ex combattant du Quicksilver Messenger Service dont le son de guitare bien reconnaissable a marqué son époque, perso je l'aime bien mais je le trouve un peu énervant à la longue).
Un bretteur hors du commun, vêtu de chemises à fleur col pelle à tarte chatoyantes, gratouillant les cordes de sa SG Custom à l’aide de picks à doigt à la manière des joueurs de banjo.

Le vieux John avait marre des pérégrinations feignantes des QMS, passant leur temps en vacances à Hawaii (véridique) et tirant un peu trop sur les spliffs en dédaignant les sessions entre amis que notre homme adorait.
C’est déçu qu’il quitte sa formation et retourne seul dans sa bonne ville de San Francisco, bien décidé à durcir encore son rock et produire enfin un album solo. Pour se faire il met sur pied une équipe composée de vieux amis et de musiciens d’expérience Jim Mc Pherson aux guitares et clavier (ex- Stained Glass), Gary Philippet aux mêmes instruments (ex- Freedom Highway), le discret Dave Weber (il est à présent agent immobilier dans le Connecticut)à la batterie et le requin de session Hutch Hutchinson, ils seront à présent Copperhead (pas le groupe de rock sudiste débile des années 90).

Les premières répétitions et concerts s’enchaînent tant et si bien que le groupe finit par réunir un public de plus en plus large, ce qui, il faut le dire attire l’attention des maisons de disque.
Columbia décroche la timbale et le groupe entre en studio en Octobre 72.

Ce premier album éponyme est un véritable témoignage du format d’album typique des 70s, contenant moins de 10 chansons taillées pour le sillon de vinyle.

L’ouverture de la première chanson donne le ton : les cordes méchantes sont de sorties, une voix adolescente énervée prend les devant, sur une rythmique heavy et le son sonne…résolument garage, une trahison envers les hippies de la région. L’ensemble sonne comme un crash de Ford Mustang en plein désert. La chanson parle d’un nouveau sport, le Roller Derby envoûtant le office dude de base, désirant tout sacrifier, femme et enfant compris, pour habiter à Oakland, de l’autre coté de la baie, la ville des bombers, son équipe vénérée.
Une chronique de la vie moderne, à mon avis fortement inspirée de la nouvelle de l’époque Rollerball Murder dont sera adapté par la suite le film RollerBall, premier du nom (qui a d’ailleurs traumatisé durablement mon père, alors adolescent, rien que les affiches, résolument 70s sont un vrai délice).

Le deuxième titre « Kibitzer » rend hommage au grand Hendrix, rien de moins, avec jeu de guitares flamboyantes, solos interminables et effets stéréos et électroniques balbutiants.
Le morceau suivant « Little Hand » louche le plus vers l’ambiance piano bar limite Beatles, il semblera manquer de saveur pour l’auditeur contemporain, autant le dire.

Cependant ne désespérez pas après ces deux prestations qui, il faut le dire, manquent de personnalité.
La piste suivante est tout bonnement excellente « Kamikaze » décrit à la perfection des derniers instants et états d’âmes d’un jeune kamikaze en vol pour sa dernière mission. La guitare languissante de Cipollina et ses trouvailles japonisantes (cloches et cithares) rendent à merveille l’ambiance du moment, fait d’exaltation aveugle et résolue et de terreur pure. Le tout se terminant sur une apocalypse sonore tirée d’archives renversantes. Le plus est que le songwriting est étayé par des paroles crédibles, car note guitar hero était, à l’instar des Ramones, passionné par la seconde guerre mondiale.

Le pas suivant empruntera une voie que nous pourrons qualifier, en tant que musicologues amateurs avertis de Flamin Groovienne à base de piano Jerry Lee Lewis, de rythmique fainéante et de méchantes attaques guitares voix cassées déchirantes, comme si la guitare voulait faire sauter les étoiles de la voix lactée unes à unes. C’était « Spin-Spin » messieurs dames.

On a le sentiment que enfin le diesel Copperhead chauffe et les accélérations donnent des frissons. On en a la preuve avec « Pawnshop Man » littéralement, l’homme préteur sur gages qui commence langoureusement et se durcit, puis finit sur des cathédrales de chorus échardées de guitares croisées qui vous emportent vers un Everest sonique dont la crête s’estompe progressivement dans le brouillard de nos perceptions.

Je suis désolé mais« Wing-Dang-Doo » me rappelle encore les Beatles époque « Don’t you know it’s easy » blablabla. Et le titre de rime à rien, Dylan, je n’aime pas énormément ce mec, mais il m’a influencé sur le titre de choix particulièrement pertinents. Ce con n’a pas loupé son coup alors j’imagine. Merde.
Oulala vous aller trouver que je suis un peu dur, le maniaque de service qui rêve qu’il tue des gens, mais pourtant j’adore ce groupe, un peu comme le jury de la nouvelle star (c’est facile, ils aiment tout).

Enfin ne soyons pas soupe au lait car le groupe reprend la main avec «They're Making a Monster », chanson faite de diverses variation rythmiques bluesy très bien faites.
San compter avec la voix légèrement réverbérée façon Moïse dans le désert, une véritable chanson suintant la solitude mentale réelle et complète.
La dernière chanson « Chameleon » ressemble encore diablement à une Beatleserie à la sauce américaine réalisée par les Groovies , et heureuse de l’être.

Le constat final est désarmant, on aimera, ou au moins on éprouvera de la sympathie pour se combo attachant et talentueux dont le deuxième album (pourtant fini) n’a jamais été édité par Columbia.
Mais l’auditeur moderne, et par essence impatient sera peut être vite lassé par quelques solos, qui, si géniaux soient-ils paraissent parfois encombrants, et une personnalité générale encore à creuser, manquant encore de maturité, la franche tentation à la comparaison facile pour une moitié de l’album en est la preuve.

Le parti pris courageux du groupe, celui de produire une musique dure et planante à la fois se heurte au poids des années, le dur reste merveilleux, mais les entrelacs aériens un peu longuets se flétrissent avec le temps, mais il n’y a pas de regrets à avoir, ils ont au moins eu le courage de tenter. Essayer c'est déjà arriver comme dirait l'autre.

L’auditeur moyen, charmé et attendri roulant sur la highway 101 ne peut que penser avec émotion à ce que serait devenu ce très bon groupe, avec quelques années de plus au compteur.
Le rock, c’est souvent comme la vie: 1% de merveille pure et 99% de gâchis.
Oulà, je me mets à la philosophie de comptoir, il est temps que j’arrête pour aller regarder Koh Lanta.




samedi 8 décembre 2007

Rock and Roll in your daily life (part 1)

Yeah i know, it's an easy one, but it's the first to inaugurate a new category of posts.
Like the title shows it beautifully, it will illustrate very commons facts in life, dealing indirectly with some Rock and Roll references.
And by the way, i love the idea of being AC/DC wired at home, what at name...those Aussies are awesome !

Hard Rock mark II : Full Throttle

Don’t you think that this blog is turning into a punk/new wave arty joke?

Where is the good old rock and roll and stuff? The one which hurts, and fears no danger?
Jeeze, it’s a definition that suits perfectly to a legend, the first creators of Metal ever.

The magnificent Deep Purple.

A UFO among all the stoners of the 70’s, the kind of hippies didn’t really like, and the young first skaters used to adore.

They didn’t learn much of The Jimi Hendrix’s lessons, but they understood one only simple thing, turning on their amps, and playing fast,0 one level over hell, the hard rock outer space.

Put the CD in the machine, listen the very first track of the album, the intro and the devil multi voice gently coming out of the grave and exploding in a cymbal wreck, a hundred miles per second.
This guy really loves his car, the best of the entire motorised world, the “Highway Star”.
That rock and roll anthem will be nothing without some hard but classical keyboards cathedrals.

At the drums, Ian Paice, a fatso but one of the fastest and heaviest drummers of the century, (listen to the fists second on “Pictures of Home”), a job magnificently done without any overdub takes.
Nowadays, some drummers like him would never make surface, at the time, some sonic space was fully accorded and left to the drummer, most of the fans loved a rock band only because of a drummer, now, out of the drumming intelligentsia, you’ll never heard two kids at recess arguing about which band has the best drummer, Avril lavigne or Good Charlotte?

I don’t even have to mention that this album was recorded live, showing a demoniac coherence and unity of this band, all set and fastly jamming on the same tempo!
Speaking about the recording of this hard rock masterpiece, did you know that the recording of this album was pretty unusual?
When hard rocker used to rent a mansion or a Scottish manor to record an album all winter long, the Deep had their scene at the Montreux casino burned to the ground, they borrowed the Rolling Stones mobile record plant and theirs engineers and recorded the entire album in one week in their hotel room.

Saying that the Deep was only a band of hard rock metal workers, is untrue or half false.

When the warriors are tired, the rhythm calms down and a poppier song tone appears “Never Before”, a hurt young man, totally knock down by a woman for the first time, it is in a certain way, their own version of “Help”.

I told you guys, so familiar and so special at the time, one of my “it’s a pretty good band” main criteria.

And you known, I won’t even insult your rock knowledge speaking about “Smoke on the Water”, heard in too many commercials and awful movies.
Try to listen it completely, like if it was the very first time…kicks ass, I’m really sorry to use such a poor vocabulary, but sometimes, things have to be said clearly.
Did some of you guys have ever heard about rock and roll science fiction, Bowie in his Diamond Dogs period, Hawkwind and its idea of future?
Well, the Deep’ are giving us their very special idea of it, a very common and realistic one, where some average space truckers drive around the solar system, stopping at each planet obsessed with booze and party.
Being a nasty trucker cruising around Mars and Venus never seemed so cool.

Did you know that before giving in the pure hard rock’ n’ roll madness, Deep Purle was a weird medieval folk combo, writings love songs and odes to brave knights?
One of this kind of old school remains is “When a Blind Man Cries”, a cool Hendrix’s style slow rock piece, featuring cloudy keyboards solos and some laid back solos (try to imagine a mix Between Hey Joe and one of their main hit, a cover of “Hush”).

Anyway who cares about that?

Just turn the volume up and bang your hairy head.

jeudi 8 novembre 2007

Girls just wanna have fun

Yeah, woohoo, finally, after like 3 years of long and painful wait, the Donnas, the lively priestess of rock and roll came to our good old town of Paris to rock the place!

I bet that you can’t even picture the shock I felt when a friend of mine told me during an alcoholic night that they we’re going to tour in Europe.

I directly bought my tickets.
And yesterday night I wasn’t deceived when I saw with a couple of friends those ladies rocking the stage.
It was definitely pure energy and wild rock and roll delivered with a very cool and nice attitude. Dude they were really close of us, I’ll certainly post about them someday.

It was just awesome in every way.

The tour is called the Feather Nation Tour.

Where should I get my brand new passport?

lundi 29 octobre 2007

Métro c'est trop !

Non je ne reprends pas ce manifesto politique engagé signé Téléphone gratuitement.
Ce week end je discutais avec un ami très cher et nous devisions nonchalamment sur les occasion et conditions d’écoute de musique offertes par notre monde moderne actuel.

Oui chers lecteurs, le monde moderne, vitesse et néons.
Une notion chère à Autobahn d’ailleurs, mais passons.
De notre vie urbaine et speedée, confinée en appartement naît un vice souvent périlleux pour notre amour de la musique à savoir le manque de temps à consacrer à une écoute contemplative et béate digne de ce nom, nous permettant d’appréhender comme il se doit nos artistes préférés.
Alors, toute une communauté silencieuse de mélomanes a décidé de mettre à profit les longues heures écoulées dans les transports pour s’adonner à leur passion.
Communauté dont je fais partie.

J’ai donc décidé dans par le biais ce billet de rendre service à mes frères et sœurs d’infortune en chroniquant dès à présent les qualités et défauts acoustiques de quelques engins dédiés au transport en commun.

Comme ça vous saurez si le RER JAKA de 7h56 de type 1977 est correct où si le ROSA modèle 1992 de 7h59 vaut les 4 minutes de retard que vous aurez au bureau…
Tiens puis pour vous convaincre de cette salvatrice mission, je me suis fais chier à vous customiser un petit logo.

Et puis après tout que serait la vie sans un brin d’impertinence ?
Sûrement très chiante.

dimanche 28 octobre 2007

Made in Oz'

Rien n’allait plus, les choses devenaient pourries, aux Etats Unis Elvis n’était plus qu’un bourrelet géant, se gavant de ice cream cloîtré dans son Amérique fantasmée.
En Europe, les destroyers hard rock regardaient grandir avec satisfaction leurs derniers enfants, Genesis en tête, aussi balourds et ennuyeux qu’eux.
La forme avait pris le dessus sur le fond, les pros et se complaisaient dans la fioriture inutile et dans la facilité. D’où le salut pouvait-il venir dans cet occident boursouflé ?
Les New York Dolls hantaient encore les caves new yorkaises, les Stooges zonaient encore dans un Michigan quasi indifférent.

Il ne restait qu’une île du bout du monde, encore saine, poussiéreuse et brûlée par le soleil, peuplée de rustres fêtards, d’immigrés écossais et de bushmen prêts à tout.
Cinq d’entre eux allaient sortir du lot.
Leur but était simple : remettre au goût du jour les penchants fondamentaux naturels des hommes à savoir la musique, la boisson frelatée et la luxure
Le tout en remettant à l’honneur les premiers éléments qui avaient fait les beaux jour des Stones à savoir un retour aux racines avec un mélange de blues et de rock classique, et diaboliquement primaire, et de délivrer l'ensemble avec rapidité et une brutalité de routier pas content.

Un groupe d’australopithèques nourris au kangourou qui allait envoûter la planète avec des sortilèges aborigènes basiques, de ceux qui vous démangent l’épine dorsale.
L’idée y était, mais les individualités aussi, le combo faisait peur, mené par un Bon Scott plus grand que la vie, un grand gamin ex roadie et frondeur, capable de toutes les folies avec son ton reconnaissable de grand-mère en colère.
Les frères Young, deux écossais grand teints, touchés par la grâce du dieu de la six corde, violant sans fin leurs accords bluesy pour épauler le gaillard dans sa tâche.
Phil Rudd, batteur binaire et Georges Young, bassiste monolithique viennent parfaire à merveille la rythmique. AC/DC méritant parfaitement son surnom de groupe binaire et hormonal.

Et les chansons me direz vous ?

Je vous répondrait sans hésiter qu’elles sont très bonnes, la première « It’s a Long Way to the Top (If you Wanna Rock’n’Roll) » met en garde d’entrée le newbie tenté par une vie de pacha prétendument facile, des cornemuses déjantées rendant hommage au lieu de naissance des frères Young, à savoir les froides pleines d’Ecosse.
« Rock’n’Roll Singer » est du même acabit, un jeune homme chantant à tout crin son envie d’en découdre, malgré l’avis des autres.
Mais après l’amour du rock, quels sont les autres thèmes purement ACdéciens abordés ?
C’est simple le sexe avec « Can I Sit Next to Your Girl », le chanteur répandant en sous entendus graveleux aussi lourds qu’une nuit de Melbourne et « The Jack » ne raconte pas une belle partie de poker mais l’éventail des maladies vénériennes contractée par cet incorrigible Bon Scott, dans le lot on peut ajouter « She’s Got Balls » et « Little Lover » un cours de cabotinage amoureux en règle, Marivaux et Musset n’en aurait pas rougi.
Vous me direz qu’il manque un autre thème récurrent dans la mythologie de ce groupe, c'est-à-dire des odes à la puissance pure, animale et incontrôlable.
Le contrat est rempli avec « TNT » et « High Voltage » (la moindre des choses concernant un groupe portant comme étendard le nom courrant alternatif / courrant continu.

Votre maman vous disait petit de ne pas metttre les doigts dans la prise, quelques années plus tard, vous avez le eu courage d’y mettre les oreilles.
Résultat des courses : le cerveau brûlé transformé en confiture, vous dégoulinant par les oreilles.
Un grand sourire sur la tronche.

Depuis quand les accidents domestiques se vendent-ils en magasin ?

mercredi 24 octobre 2007

Les Undertones, un ton au dessus


Les choses n’étaient pas faciles dans l’Irlande de la fin des années 70, secouée par la guerre civile depuis plus d'un siècle, les factions opposées se battant allègrement à coups de glaviots, briques, bâtons, fusils et bombes interposées, sans parler de la dame de fer fermant les mines, usines et chantiers navals.
Un mur de la honte coupant en deux la ville de Belfast.

C’était la merde.

Pourtant de cette ville portuaire et industrieuse à l’avenir bouché va voir la naissance d’un des groupes les plus rafraîchissants au monde.

Preuve que sous l’acier et le béton, la vie suppure toujours.
Non, je ne parlerai de U2, mais des très injustement ignorés Undertones, et en particulier de leur premier album, le très justement nommé Teenage Kicks.
Cette banale bande d’adolescents conventionnels (une photo d’un joueur de Subbuteo va illustrer un de leurs premiers EP…) va exciter le royaume de sa très gracieuse majesté des années durant et ouvrir pour les intouchables Clash.
Mais pourquoi ?

Il suffit de se pencher sur leur album pour comprendre, on y retrouve une énergie juvénile simple, quasi innocente et gratuite, s’affranchissant avec exubérance de cet ennui mortel par l’intermédiaire de la voix du chanteur Feargal Sharkey.
Quelle organe, quel son indescriptible dont le grain se situe à mi chemin entre celui d’un castra énervé et d’un ado en pleine mue !

Les nombreuses chansons de ce copieux premier opus à la gouaille contagieuse cristallisent tous les thèmes classiques de l’adolescence sans exception, dans le désordre : Les jeunes filles que l’on veut serrer avec sa nouvelle bagnole « Girls Don’t Like It », la notion réactionnaire et commerciale de famille heureuse « Family Entertainment », être moche « Male Model », l’envie de partir « I Gotta Getta », le béguin pour une nouvelle venue dans le quartier « Teenage Kicks », la fille qui vous maltraite « Wrong Way », les mauvais garçons de votre quartier « Jump Boys », la joie de voir l’été et son lot de filles légèrement vêtues « Here Comes the Summer », le thon qui vous court après « Get Over You », celle qui vous plaque « Billy’s Third », le suicide « Jimmy Jimmy », les faux culs en général « True Confessions », la ratée du quartier « She’s a Run Around », le grand amour « I know a girl » …

Si vous avez la version bonus vous aurez aussi droit à d’autres lamentations amoureuses, et autres brûlots vitaminés, une fabuleuse ode hystérique aux barres Mars « Mars Bars » et pour finir en beauté, une reprise merveilleuse « Let’s Talk About Girls » des Chocolate Watch Band, icône du rock garage américain des 60s.

Les thèmes universels abordés, et la voix du chanteur ne sont pas évidemment pas les seules forces de cet album.

La magnificence urgente et incandescente du combo, sa sincérité désarmante, sa puissance d’attaque guitares doubles + batterie est remarquable.
Et puis ce son, dur, corrosif, agressif et granuleux, portant à merveille le message de l’instant.
Du jamais vu pour un tel groupe de gamins, surtout en Europe.
Même si l’ensemble est bien exécuté et la production est assez soignée pour un premier album de la bousculade 77-78 on trouve quelque chose de plus, comme une rémanence nostalgique toujours vivace, mélange de chaleur et d’électricité.

Quelque chose qui vous fait aller mieux, qui vous montre que l’on pouvait vivre et danser, entre une bombe de l’IRA et une émeute hebdomadaire.

Un truc qui vous montre que des choses restent possibles, qu’il ne faut jamais baisser les bras, juste traîner au pub avec ses amis et monter le son.

Ouais, encore et toujours.

jeudi 18 octobre 2007

Vos nouveaux amis, les Flamin' Groovies.



Chers amis, laissons tomber un temps les ruelles tristes et déshumanisées d’Angleterre et penchons nous sur une formation, bien plus avenante, drôle et joviale.
Les flamboyants flamin’ groovies.

Une bande de kids américains comme on en fait encore dans certains coins de la Californie, allumés et se foutant de tout.

Cette attitude nonchalante ne doit pourtant pas cacher la teneur exceptionnelle de leur culture musicale et de leur talent, comme aiment le pratiquer les fainéant et les loosers absolus.
L’uppercut dans le ventre (qui a un goût de Nirvana) que vous vous prendrez dès le premier morceau arrivera j’en suis sûr à vous en convaincre.
Ce groupe illustre parfaitement ce dilemme classique : amour absolu des anciens avec la figuration de généreuses reprises de standards américains comme (Louie Louie de Richard Petty, Carol de Chuck Berry…) et usage bottleneck (City lights) contre envie de bouleverser les conventions établies (High Flyin’Baby).
Ils vont pour ne pas céder à cette schizophrénie ouvrager des chansons aux bases rock traditionnelles, classiques et solides avec une énergie sauvage et un traitement franchement second degré.
On en a pour preuve les sémillants Scratch my Back, Doctor Boogie et Walkin’ the dog.
En plus de la prétention, mal considérée pendant la fin des 60’s de ne pas se prendre au serieux, les Flamin’ sont délibérément apolitiques, et donc ostracisés par les hippies eux même, qui les regardent comme un groupe de jeunes décérébrés passéistes réactionnaires.
Mais s’arrêter à ces considérations politico idéologiques serait réducteur vis-à-vis des Groovies.
Ce serait occulter un pan entier de la personnalité si attachante de ce groupe de banlieusards.
Leur sacro-sainte, caution et dans certains cas onction « garage ».
Cet adjectif si galvaudé, des fois appelé proto-punk, dont les sons sont volontairement (ou non) sales, enregistrés avec des moyens artisanaux trouve ici tout son sens.
Vous me direz alors quel est l’intérêt du garage ?

Bien, cette conception de la musique rejoint celle du punk, le fait de pratiquer la musique que l’on aime en toute liberté, le fait de ne pas être contraints par des prérogatives purement matérielles ou dogmatiques et de se concentrer sur ce que l’on aime vraiment.
Le fait de se créer une musique indépendante inféodée à rien, média libre d’une rébellion adolescente libre face à ce monde si dur (celui autour du garage) et aux escroqueries planantes des autres de votre âge qui ne comprennent pas.
C’est ça le garage, une sorte d’endroit utopique et protégé, où l’on peut cultiver en toute liberté sa particularité loin du regard des autres.

Un adjectif qui ne doit pas se confondre non pas avec de l’amateurisme ou de la pauvreté technique mais avec candeur, authenticité et franchise.
Et c’est ce qui saute aux oreilles à l’écoute de cet album, on est là, invité dans le garage ou la cave de cette bande de types.
Tout y est, enregistrement direct avec échos, larsen et grésillements, ces magnifiques imperfections qui donnent tout le charme légèrement désuet de cet album.
Un disque que l’on écoute sans prétention, comme on l’écouterait accoudé à un ampli de la salle, une bière à la main.

On verrait le panache Roy Loney: à l’œuvre, le gros Danny Mihn marteler ses peaux, Cyril Jordan et Tim Lynch planter de grosses échardes rockabilly-blues-country-rock dans la ligne de basse de George Alexander. Les grands Stones en étaient vert.
Recréer de vraies choses, des tranches d’émotions et de sueurs, sans fanfreluches.
Comme entre potes.

Je crois même que vous pouvez dire, oui que vous pouvez affirmer maintenant sans mentir que vous connaissez très bien un super groupe de rock indie.

« Mais Oui, je te jure, des amis de San Francisco que je connais bien… »

mardi 9 octobre 2007

Une des chose la plus efficace que la Norvège ait produite depuis les vikings




Alors voilà, je voulais commencer par une review genre respects aux grands anciens, les racines du rock, les bases et tout ça, mais je ne suis pas prêt.


Allez, pour tout dire je vais l'avouer, je voulais chroniquer (terme que j'utilise avec tout le respect et l'humilité du jeune novice de Bruce Lee) le premier album du Velvet Underground.


Je me suis mis à l'écouter en continu et les mots ne me sont pas venus, on se sent faible devant une telle oeuvre, géniale par sa concision forcenée à la limite de l'autisme.


L'ombre du Lou planant au dessus vous...


Donc nous revoici un peu plus en famille, avec des bons gars du nord, des norvégiens de maintenant, le genre de type avec qui on peut se retrouver en colloc' erasmus, si, vous savez, affables et deconneurs après plusieurs pintes, enfin bref des bons gars au naturel sympa et genereux comme le montre la jacquette de leur 3 eme effort.


Puis après on met le CD dans la machine, et on écoute une avalanche de hard rock 70's genre Led Zeppelin ou encore Deep Purple, mais en plus mutin et plus sautillant, plus frais et résolument modernes, ne versant pas dans le revivalisme à deux euroballes, nul doute qu'ils ont été élevés aux Flamin' Groovies.


Ca commence avec "Burn a Hole in the Night" qui commence sur 30 secondes de big bazar free jazz flippant (Michel Fugain en moins) pour l'addict que je suis, passé ce cap la vraie sarabande commence les guitares tronçonneuses arrivent et la batterie s'emballe, vraiment péchus les bougres, les choeurs vous en convaincront.
La deuxième chanson est "It's Gonna Be Easy", au chant plus pop et plus mélodieux, limite naïf et aux saillies d'orgue joviales, met du baume au coeur "It's gonna be easy to get out of bed tomorrow...", argh le doux souvenir d'une fille qui a dansé avec vous !
La piste suivante "What a Day That Was" nous berce par une ballade du rock le plus classique racontant les tribulations d'un groupe de rock européen sur la route (des facécies Alice Coopiesques, une l'histoire d'arrestation pour ivresse sur la voie publique et de groupies) et je ne parle même pas du solo d'orgue à 2'53 digne de Steve Nieve ou de John Lord.
"Milk For Revolution" s'ouvre une ligne de batterie martiale, et creuse un ton plus punk plus appropriée pour une chanson de longs reproche.
A enfin, la basse est mise plus en avant à l'écoute de "Take It Home", une chanson de nostalgie enfantine et joyeuse portée par un piano déglingué.
Mais que ne doit-on au pub rock,quand on sait que ces gars ont écumé les bouges d'Oslo...
La chanson suivante est en fait un interlude experimental de 50 secondes de grandes giclées de Wah Wah et de fuzz (un timide hommage à Hendrix?).
Mon coup de coeur "Keep On Running" qui démarre à 3000 à l'heure avec un son "Hellacopterien" des solos stratosfériques défilent et ricochent sur la voute spatiale, ou dans le cerveau de ce pauvre type pris par sa vie moderne.
Oui Oui une chanson de voyage, avec "Drop The Anchor", humilié au lit par une fille, ce même mec pête les plombs et décide de partir, foutre les sacs de sport dans le coffre de la Mustang et de tailler la route vers l'Ouest et la soleil couchant.
La 9 eme piste "CountingDown Your Dreams" est placée sous le signe du réconfort et des bons moments passés entre amis, dans cette baraque où on se sent bien et il ne peut rien vous arriver. Les choeurs de la fin pouvent vous en persuader, j'en suis sûr.
"Big Buck" (aka Gros Dollar) est une fable idéaliste wah-watée et piquée d'orgue toute droite surgie de 1973.
La Norvège a parfois des goûts d'Alabama, comme le prouve "Evil Man" dont les partie de piano et guitares semblent empruntée à du Lynyrd Skynyrd et où le chorus de fin interminable est purement jouissif.
La dernière chanson " There's No Other place" semble être une rémanence du deuxième album des catos salsa vraiment ressemblante à la chanson "Deadbeat".
Allez faire un tour sur leur Myspace pour vous en convaincre et découvrir ce groupe encore injustement méconnu sous nos contrées .

Quand je vous dis que la Scandinavie est un vivier d'artistes formidables, et la Norvège un pays Magnifique!