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vendredi 1 janvier 2010

Why villains always blink their eyes

Le Velvet underground est le meilleur groupe de l'histoire du rock.
C'est avec ce genre de phrases péremptoires, presque autant que Lou Reed himself que l'on réveille une bande de glandeurs ensuqués par quelques semaines de bombances festives.
Maux de ventres, selles molles,gueules de bois, bourrelets, alka seltzer et tout le toutime.
By the way, ne comptez pas sur moi pour me faire le pourfendeur de cet autel sacrificiel consumériste de fin d'année. Après mon vibrant plaidoyer pour la douchebag nation, cela ferait désordre.
D'ailleurs, que voudraient-ils, tous ces bobos larmoyants, que l'on réveillonne avec des salsifis cuits à l'eau? Que l'on arrête de se ruer dans les magasins et cesser de consommer, et perdre ainsi les quelques emplois qui nous restent, chez les pâtissiers, les commerçants et autres alcooliers internationaux?
Non, non, un peu de bon sens voyons...Trêve de coups d'épées dans l'eau aussi insignifiants que circonstanciés.
Je ne vous ferais pas l'affront de vous rappeler combien ce modeste blog aime, adule et adore cette formation new yorkaise séminale et fondatrice, vous en trouverez les preuves ici et .
Seuls quelques albums de ce groupe sont encore épargnés par notre furia velvetomanianesque, tort que nous allons combler un peu plus avec ce billet.
Mais pas de panique mes amis, vos oreilles, déformées quotidiennement par de la pop guimauve insipide, de la minimale merdique (car seulement bien quand elle s'écoute bourré et défoncé le tout entourées de nymphes dévêtues) ou de la varietoche qui ne dit pas son nom (genre chanson à texte sous vernis indé) n'ont ici rien à craindre.
Pas de violon torturé, ni de guitare fuzzy. Niet, nada, wallou.

Que du bon commercial.

Mais comment? Mais pourquoi donc? Comment ne pas retrouver la décadence grise et morbide traduite en notes? Comment ne pas dresser la juste et vraie fresque sonore de ce vice urbain quotidien, de cette dépravation habituellement assumée?
Et bien pour la bonne et simple raison qu'en cette bonne année 1970, Lou Reed et John Cale s'embrouillent, clash final. Le violoniste musicologue surdoué et torturé capitule, range son archet, son lutrin et se taille.
Idem pour Maureen Tucker, la batteuse rouquine cultivant soigneusement ses beats d'Homo Erectus se barre aussi, en cloque jusqu'aux yeux. Les fans moyens sont médusés, cette batteuse à la démarche d'ouvrier du BTP, n'était manifestement pas si lesbienne que ça !

C'est donc avec un nouveau line up que Lou Reed arrive en studio, assisté par un nouveau venu, Doug Yule, un musicien enthousiaste content de faire partie du voyage.
Notre Lou se pointe donc détendu, soulagé ne ne plus avoir à faire face aux tensions continuelles l'opposant à Cale. Il se pointe avec dans ses poches, parmi quelques sachets de substances aussi dangereuses qu'illicites de très bonnes et assez anciennes chansons et une ferme envie de chatouiller le Top 50 US (aussi bien pour des raisons de contrats que d'orgueil personnel, des motivations récurrentes chez le personnage).

Le ton de l'album est donné d'entrée de jeu avec "Who Loves The Sun", la voix mélodieuse de Yule se cale parfaitement aux riches chœurs et harmonies vocales qui se déploient en canon. La richesse mélodique et ces entremêlements de voix prennent à contrepied l'auditeur de la rue, voyant ce groupe comme une clique de drogués nihilistes. Ne nous laissons pas tromper par ces merveilles pop, le Velvet n'a pas changé, les petites comptines douces ont toujours fait partie de l'aventure, et ce, dès le tout premier album.
L'album démarre fort, car il ne faudra pas aller plus loin que la deuxième piste pour trouver un véritable hit, "Sweet Jane" repris par tous les groupes dignes de ce nom et mêmes les fanfarons les plus moqueurs à l'instar des Cowboy Junkies et de Starshooter.
La voix granuleuse de Lou Reed, même fragile au moment de l'enregistrement se déploie avec la rondeur et la bonhomie d'un bagel new yorkais.
Que dire alors de la mélodie simpliste, cette ligne de basse affriolante, de ce tempo parfait, portant admirablement un songwriting poussé, poétique. On est là nous aussi, assis au coin du feu, la TSF branchée en compagnie de ces middle classers compassés.
L'introspection profonde continue avec "Rock And Roll", la fameuse rock and roll radio chantée elle aussi plus tard par les Ramones. Cette chanson est largement autobiographique, Lou Reed ayant toujours affirmé qu'il avait découvert la musique via le poste de radio familial, duquel sortaient les airs les plus merveilleux qu'il n'ait jamais entendu. C'est le petit Lou, fan absolu de Bo Diddley qui chante ici.
Le côté laid back et détendu de "Cool It Down", son piano et ses voies overdubées place directement le groupe dans la grande traditions de ces premiers groupes de pionniers rock (et plus particulièrement rockabilly à l'époque). Mr Reed a d'ailleurs confessé depuis qu'il n'a jamais été capable de sortir un blues décent, seulement des tocades rockabilly héritée de son enfance.
"New Age" est un récit doux amer intimiste narrant la rencontre entre une vieille gloire du grand écran et un fan transi. Les chœurs étouffées et les pistes d'harmonium vous réserveront quelques surprises.
Ces belles exécutions, diablement bien livrées ne doivent pas nous faire perdre de vu le fait que le Velvet est avant tout un sacré groupe de rock. Une base inamovible de guitares grattées à l'os et de batterie percutante "Head Held High" tombe à point pour nous le rappeler. Si la voix se fait plus éraillée et cassée, c'est encore des souvenirs d'enfance que le groupe touille et remue.
Les mythes américains ne sont pas épargnés, "Lonesome Cowboy Bill" mêle cowbell groovy et yodel focenné. Les parties de guitares s'égrènent se suspendent, chutent et repartent. Ce n'est plus une chanson, c'est une bagarre de saloon. Le far west existe encore.
Si la chanson en question fleurait le whisky et la graisse à cuir, la suivante est faite d'un tout autre bois. On jurerait que le groupe a piqué des albums aux Beach Boys et aux Beatles, les détroussant de leurs harmonies vocales. Lou reprend le dessus à mi-chanson, en parlant son texte sur une délicate mélodie, comme l'écrivain-chanteur qu'il a toujours souhaité être.
La seule once de dureté dans "I Found A Reason" est cet effleurement de guitare distordue lancinante.
"Train Round The Bend" prend le contrepied total dans un retour aux sources, piano et guitares chuintantes, irritantes et crispantes comme des cigales électriques méridionales. Le genre de son répétitif qui vous transperce les oreilles pour vous percuter le cerveau. Le chant se libère et avec lui sa cascade d'onomatopées primales.
Lou reed a toujours dit lui même que la plupart de ses chansons tenaient sur 3 accords maximum. On jurerait que la chanson suivante a été calquée sur ceux de "New Age".
"Oh! Sweet Nuthin'" pose la même ambiance Jazzy et décontractée, cultivée dès 1965 avec la naissance même du Velvet Underground. Le solo s'étend, comme si le groupe ne voulait pas refermer le chapitre de l'histoire de l'un des groupes les plus influents de l'histoire du rock.
Et puis l'aventure meurt ainsi, avec un soupir posé sur un dernier accord plaqué. Et un Lou Reed qui se voit à présent dactylo dans la boite de son père (véridique).

Car oui, c'est un des traits majeurs de Loaded, une collection de petites madeleines de Proust.
Des balades plus sucrées, taillées pour un format FM. Certaines réussiront en effet à percer. D'autres, (d'aucun diront les plus intéressantes) iront rejoindre les piles d'invendus poussiéreux de Tower Records sur la 5ème. En attendant qu'un touriste s'en saisisse, à 4$ avant la fermeture définitive, comme un souvenir de NY, au même titre que la casquette des Yankees et de la boule à neige de la Statue de la Liberté.
D'autres paieront plein pot pour des éditions augmentées, valant largement le coup, avec leur plein de face B fortes et magnifiques qui essaimeront jusqu'à la période "Berlin".

C'est peut être ça cette fumée rose qui remonte les escaliers, les bribes vaporeuses d'un pays de cocagne que certains ont une dernière fois relaté, avant s'éclipser, pour réapparaitre ailleurs. Les ferments du Lou Reed solo des vingt prochaines années était bien là, cachés dans la bouche de métro.
Faites gaffe la prochaine fois que vous ferez biper votre passe navigo, vous pourriez bien les croiser.

jeudi 8 janvier 2009

Banana split

Pauvre de moi! Mais qu'ai-je fait, comment ai-je pu oser? Où ai-je trouvé l'inconsciente force de m'attaquer à une telle masse, un tel monument, un ensemble de références, une symphonie rock garage dans sa plus simple expression.
Rien que ça, la suprême évidence, le bloc de béton de 2001, ou plutôt la banane de plastique (symbole phallique par excellence), et les chimpanzés qui dansent autour, fous de curiosité, perdus dans un élan de ferveur soudaine, ardente et brutale ce sont nous !

Ces primates se parlent ensuite, font courir le bruit de hardes en tribus, de groupes en village que, las bas, de l'autre coté du grand océan, des dieux habitaient et qu'il en existe aujourd'hui des vestiges.
Des monuments qui touchaient au ciel lui même.
Après ces diatribes Kubriciennes, l'esprit vidé et serein, je peux à présent vous livrer le fond de ma pensée et enfin vous exposer une de mes théories musicales fumeuses (eh oui, une de plus).
Et bien la voilà: Cet album marque le premier monothéisme musical, un retour à la source primaire, une voix et une guitare, parfois deux, une basse, et une batterie qui fait plus office de tambour que de kit de virtuose. Juste ce qu'il faut pour charmer l'oreille et lui faire entrevoir le paradis: quelques chœurs et parties de piano et violons. Juste qu'il faut pour lui faire entrevoir l'enfer: sons de machines, reverb et crissement monumentaux ouvrants sur l'enfer de Dante.

Car c'est cela le New York des 60's, un endroit où l'on passe du rêve au cauchemar en traversant une rue, en changeant de quartier. Ce disque n'est pas qu'une chronique réaliste de l'Amérique décadente, c'est un baromètre, une vaste palette de ce qu'un artiste imaginatif, talentueux, pervers et méchant peut ressentir. L'histoire commence un de ces dimanches matin de gamins, où le soleil brille et les rues sont si désertes qu'on les regarde avec étonnement. Le baby piano vous le murmure ainsi que les imperceptibles chœurs des refrains prodigués par Nico, chanteuse allemande du groupe, aussi belle que peu utile, mais les prérogatives d'Andy Warhol étaient à l'époque éloignées de la musique. Sur la prochaine piste, c'est la douche écossaise, Lou nous raconte son voyage pour rencontrer son dealer, sur fond de tambourin et de guitares écorchés, d'enfant on passe en quelques secondes à celui de junkie, attendant son fix au coin d'une rue glauque. Un poète ce cachant pourtant derrière ce peu recommandable personnage, il trouve en quelques mesures le moyen de nous narrer une fresque balsaciennes, d'endroits, d'évènements et de personnages, le tout arrosé de sauce américaine relevée, guitares country trash et piano bar en avant.

On continue dans les frasques vaporeuses, avec un ton plus calme, canté par Nico, quelques octaves avant les infrasons, audibles seulement des chiens, des baleines et des fourmis vertes de Sumatra.
Lou reprend la main avec "Venus In Furs", avec un des sujets qui lui est cher, c'est à dire, la perversion sexuelle, narrant une relation d'adoration sadomasochiste, le titre de cette chanson est d'ailleurs le titre d'un roman pornographique, on ne serait être plus explicite.
"Run Run Run" dresse une mosaïque de quatre destinées don chaque complet commence par le nom de son éphèmère héro, chacun faisant partie de l'entourage de la factory. Jamais l'excitation d'assister à une fête n'a été aussi bien rendue que par le chant de Nico sur "All Tomorrow's Party"Je rigole bien sur, c'était pour voir si vous suiviez, les préoccupations superficielles d'une demoiselle en fleur prennent ici la forme de mantras hindous par la voix de l'interprète et des notes claires des guitares sonnants comme des timbales népalaises.
Tout cela n'étais bien sur qu'une ruse visant à nous detourner du véritable Everest de l'album, aussi bien musical qu'emmotionel qu'est "Heroin", une complainte à la fois désabusée et réveuse, consciente et etherée, comme un demi songe qui reposerait sur quelques accords de guitares sybillins et une grosse caisse qui vous bat les tempes, comme votre propre sang.
Drogué ou pas, vous en finissez allongé sur la moquette à fixer le plafond.
Après l'orage, le mythe américain reprend le dessus, les guitares surf et les choeurs, la voix moqueuse, cette fille s'en va, elle part, refaire du mal à quelqu'un d'autre, sans aucuns scrupules, mais que peut-on en faire sinon en rire, ou en écrire une chanson?
Sur "I'll Be Your Mirror" Nico nous relivre sa dose de sédatifs sixties, voilà ce qui arrive quand une écharde mainstream de l'époque, datée et passée se perd dans un disque majeur.
Voyez ça comme une pastille de comparaison dans une pub pour lessive, la lessive "X" marche toujours moins bien.
Le violon reprend du service sur "The Black Angel's Death Song" les horizons connus sur "Heroin" réapparaissent de manière encore plus claire et tordue (bruits de vapeurs et crincrins), une descente au enfers apocalyptique en règle.
La concussion traumatique que représente cet album se termine avec une tranche d'histoire New Yorkaise, celle de l'immigration et du meltng pot sans cesse renouvellé, chaque génération échouée sur les cotes de la nouvelle angleterre lorgnant sur la précédente.
"European Son" dénonce en effet les poseurs et autres soi disants américains de souche crachant sur les autres, un peu à la manière de West Side Story, Lou vitupère juste ce qu'il faut avant de tout finir, mélodies et voix comprises dans des décombres de sifflement fumants.

Voilà, tout est terminé, la statue de la Liberté s'est écroulée, nos musiciens avec.
Nous, les pauvres singes pouvant reprendre pour quelque temps seulement le controle sur nos vies de macaques, en nous demandant, entre deux plats d'insectes, qui a bien pu créer cela.
Car le net s'est éteint, et nous n'avons pas entendu Lou sur Youtube nous dire que ce n'était qu'un disque.


lundi 29 septembre 2008

Rock and roll in your daily life (part6)


Hoho, i know an old pal o' mine that will propably wet his pants reading those few lines. This is exactly the kind of thing you can discover, wondering a quiet street of Berlin.
The ultimate phoenix post war city. Mad anf quiet in the same time, classic and terribly crazy. In Paris, no chance to discover such a discreteVelvet Underground - Warholian banana hommage, the only place where you can find it is on a fancy t shirt worn by a fancy dude who don't have a clue of what it's all about.

"yeah man, I'm wearing the picture of a fruit, like Justice, but they're out now"

It's finally easy to understand why this city was loved By Lou Reed (ahah), Iggy Pop and Bowie, nice wursts, good beer and welcoming people.

Berlin ist wunderschöne !

mercredi 2 avril 2008

Extra Deluxe record review #1:White dudes/Weird souls

Lighting my first cigarette

« Let’s listen to Pet sounds! » That sentence almost made me puke. Many albums released through that decade we now call the 60’s, are now considered revolutionary. Just google « sgt pepper’s lonely heart’s club band », « Let it bleed » or « Are you experienced » and you’ll get my point. Though i could have reviewed one of these loved-by-all album, and you’d have been thrilled reading about Strawberry fields or Good vibrations, it somehow didn’t make any sense to me. You know these songs, those guys in Japan, Canada and Russia do too, and we all know why billions of copies were sold.

But have you even heard about « Loaded » ? Of course, that banana rings a bell, but could you sing-a-long « european son » ? The Velevt Underground are, still today, an incredible source of inspiration, full of unsolved mysteries, beautiful songwriting and a musical approach that was rarely toped in more than 40 years. This is why i chose to review « White light/white heat », The Velvet Underground’s second album, realeased in June 1968.

I’m gonna start with a few reminders. The Velvet Underground was formed by Lou Reed, a young druged up new york songwriter stuck in some 2nd hand record company forcing him to write catchy songs for made-up one hit wonders, and John Cale, an experimental musician who already had his share for enriching musical experiences (an 18-hour piano-playing marathon for Erik Sati for example). They were joined by Sterling Morrison on rythm guitar and Maureen « moe » Tucker on unorthodoxe drums. After two years finding their sound, in 1967, sponsored by Andy Warhol and all his genius and/or idiotic money sucking friends from the factory, the Velvets released their first album « The Velvet Underground & Nico ». A financial disaster. Though it gave the Velvets a great opportunity to ride upon new york’s chic avant garde scene, play in downtown halls filled with annoying artists, bohemians and sexually-disturbed junkies, Andy Warhol’s influence on the velvets probably was inadapted. Too restrictive and guided by a pretentious sense of creativity led by a smallish part of wealthy deviants and coked up New York artists. Lou, John, Sterling and Moe had to set free. Leaving the factory and the plastic inevitable, the four young fellas started working on some new tracks.

Lighting my second smoke, almost running out of coca-cola

Unbrided and looking for unexplored musical territories, the velvets recorded « White light/white heat » within two days. Unlike most of popular bands of the 60’s the velvets primary thought of their songs as a static picture, frozen in time. This may sound paradoxal considering the delayed impact of their songs on contemporary music, but it seems to me that the strenght of this album is it’s honesty. Four young musicians playing together. Experimental music indeed, but sincere feelings.

Let’s get serious people. Picture yourself buying this record at the store in 1968. Once home you get your turntable on, and you suddenly find yourself turning down your speakers’ volume. « White light/white Light » title song and opening of the album, finally struck you. An outrageously disturbing amount of overdrive, a strong rock’n’roll riff, a guy nonchalantly speaking about the effect of amphetamines in the sun and a couple of back up vocals insanely singing the song’s title. This is a a classic rock’n’roll song turned into a bearly audible piece of art. Fading into an incoherent distorted hubbub, this song is a great frightening introduction, conditioning your ears to an all new level.

The second song of the album is titled « the gift ». Probably the less interesting song for my kind of music lovers, but for sure the guttiest one. A prose and an overdriven blues jam. One of those paradoxes you hate at first. But think about it, it’s just like making a joke about Platon right after a stupid filthy one, just as funny, but so unexpected it finally makes you brain wake up. Let’s quickly overview the musical part of the song : A three chords blues progression, powerful bass guitar, a binary drums part and an amazingly graceful distorded lead guitar. If you wanna fully enjoy the song you’ll eventualy have to listen to it at least twice with attention, and god knows 8 minutes seem like a long time at first. But Lou Reed’s college prose is indeed an interesting piece of writing, including simultaneous long poetic descriptions and neutral facts of everyday life. The story itself is about a tortured lover and his long distance girlfriend ironically ending on a stupid, almost deus ex machina, death.

Lighting 3rd cigarette

« Lady Godiva’s operation », third song of the album, firstly represents the return of Cale’s viola, predominant on the Velvet’s first album, and here setting a disturbing background. Along with an acid guitar part, the unstoppable binary drums and the powerful bass lines, the vocals are intentionally badly cut. Reed and Cale’s intersected voices represent the poorly work of surgeon turning a regular sex change operation into a lobotomy. Weird, huh ?

At this point i hope you understood this album isn’t about harmonies, melodies or any usual musical customs. It’s about telling a story. More about art and expression then money making sounds and polished castrated songs for easy listeners, but let’s move on already.

The fourth song « Here she comes now » is probably the popiest song on the album. Though the mix still arranges the instruments in a bizarre way, it’s short length and softly sexual mood creates a real break in the album. Without any overdrive or explicit lyrics, the song gently describes a dark sexual tension. Another paradox. But what’s interesting here is the way the band makes it natural to leave all the distortion and aggressiveness behind to talk about what could be the 2nd most sinful song writing of the 60’s (wait for « Sister ray »).

4th smoke and having a pineapple juice

« I Heard her call my name » is a song the Velvets called « unsatisfying ». I disagree. It’s told the song was a poor attempt at recording the studio version of a clearly made-for-live song, but let’s face it live recordings of the Velvets ARE crappy, and with such surrounding distortion this could never have been good for anyone unstoned outside that filthy New York ’68 downtown bar. Yes it’s made upon three chords, yes this is a dirty theory free improvisation and the lyrics are almost inaudible, but could rock’n’roll be more characterised? The stooges, first students of the Velvet Underground, put aside I’m still waiting for a proof.

On the original « White light/whit heat » LP, the first five songs were side one, and side two was entirely dedicated to « Sister ray », a filthy 17-minutes-long rock jam. As I previously mentioned the song is sinful. Reed sings, most likely talks, about a depraved sadomasochistic orgy. The pieces finally fit, characters (junkies and sexual deviants), story(temptation, submission and filth), distortion(an organ coupled with a distorted guitar amp), mix, everything turned into an apocalyptic rock’n’roll song. It’s told the sound engineer decided to walk out the room once the recording started. 17 minutes, my friend. 17 minutes, one take and not one single second of silence. An entire Vinyl side turned into the noisiest rock song ever recorded until 1968. I hope you have the courage to listen to that song entirely, ‘cause then you might get a glimpse a what can really be called « revolutionary », the first peek at Punk’s mentality and Metal’s sounds.

Well, it makes sense you know, freaks often have fathers, and sons.

« I’m stoned, on my way to get drunk, going to see my girlfriend and the only fuckin music i can listen to is that VU’s sister ray »


Flo