dimanche 3 octobre 2010

De l'autre coté de la grande muraille

Il y a des endroits où jouer de la guitare en chantant ce que l’on pense est dangereux.
Dans ce genre de pays, chanter des textes sortant du politiquement correct ne vous mènera qu’à une chose : faire parvenir à vos parents par lettre recommandée une facture de 20 yuans. Une somme correspondant au prix (taxes comprises) de la balle de 9mm parabellum logée dans votre nuque par les soins d’un fonctionnaire pénitentiaire.
Avec les compliments du comité central du parti communiste de Chine populaire.

Les Carsick Cars (un nom qui est un paradoxe en soi) prennent ce risque et se font discrets dans les médias francophones. Peut-être parce que les textes chantés, sont incompréhensibles à moins de posséder de solides notions de Mandarin. Un désavantage pour une culture qui a toujours dans son cœur placé les mots avant la musique. Mais une partie de la beauté du travail des Carsick Cars se trouve ici. Elle nous pousse à nous rappeler l’époque candide et bénie où l’on ne comprenait rien aux paroles affligeantes des Beatles (au moins pour le début de leur carrière, avouez-le).

La visite Pékinoise commence avec « Zhi Yuan De Ren - 志愿的人». Le morceau démarre comme une Geely hors d’âge. L’arbre à came frappe sur la basse et la seconde s’enclenche, ce vent, c’est celui qui siffle par les fenêtres entrouvertes et vous balaye les cheveux. Zhang Shouwang vous parle de sa ville et vous raconte ces grands immeubles et ces jeunes qui fument des cigarettes à la sortie de l’école en vous dévisageant.
Après cette mise en bouche très américaine, cloches et carillons reviennent. Les palais d’or de l’Asie éternelle entrouvrent leurs portes, renfermant leur lot de secrets et d’horreurs sur Zhang et Li Quing (la sorcière  des cloches, oui ce n’est pas un homme). Sur « Gun - 棍 »  ce n’est pas l’opium de Pou Yi le dernier empereur que l’on fume, mais bien de la coke dangereuse que les jeunes sniffent sur des tables en bois rouge laquée. C’est la descente, cette grande plage noise, c’est la peur, qui borde cette lente descente aux enfers.

La chanson suivante  «Zhong Nan Hai 中南海 » est le hit de cet album. La basse semble rouler comme celle des débuts de Joy Division et la guitare gratouille un petit riff que l’on jurerait piqué à Sonic Youth. On dérivera ensuite dans une plage de noise et de reverb complètement maitrisée est ahurissante de finesse et d’harmonies. Cet éther sonique vous laisse abasourdi après avoir dégoupillé vous-même la grenade chinoise. La mélodie revient ensuite et se reforme alors qu’ encore hébété, vous vous relevez des pavés de la place Tiananmen le visage collant de sang pour vous relancer en courant  vers ce Zhong nan hai, cette partie de la cité interdite d’où dirige le tout puissant parti.
Le ton s’apaise et s’allège sur le titre suivant sur «Hou Dao - 厚道 ». Les musiciens cabotinent, la basse s’arrondie et Zhang se relâche, se permettant des vocalises alors inédites sur cet album. On est bien là, à siroter notre Tsing Tao sous les grands platanes des quartiers résidentiels.

« Xiong Mao - 熊猫 » est une chanson comme on les aime. Une voix trainante, celle de Zhang, qui sonne nostalgique er rêveuse, comme absente. Li chante dernière les nappes de guitares, comme les deux Kims l’on fait en leur temps (Gordon et Deal). La section rythmique complétée par Lei Weisi fonctionne superbement bien.
Pour preuve, le véritable wall of sound hallucinant et vertigineux présent sur la piste suivante. On ne sait plus si l’on écoute les enfants des amours des Ramones, de Jesus and Mary Chain et de Dinosaur Jr ou juste une resucée punk minimaliste des Who, mais une chose est certaine « Guang Chang - 广场 » met le son chinois sur la carte du rock mondial. Ces vagues, ce rythme alterné de batterie est proprement incroyable. Puis la voix de Zhang, plaintive et cassée, qui sonne comme celle d'un Viêt-Cong blessé pris dans les barbelés de l’ambassade américaine le soir de l’offensive du Têt… Cette complainte, cette voix trainante et écorchée, est aussi moche que touchante.

La batterie de Li ouvre « Re Shen - 热身 » un des morceaux chantés en anglais sur l’album. Une chanson sur des gens qui ne se parlent pas, qui s’ignorent et ne disent rien. Sur l’inhumanité de la fourmilière. Cette analyse se poursuit sur un deuxième pendant le la réflexion  « He Sheng - 和声 ». Tous ces gens qui marchent dans le rue, leurs rêvent se perdant dans le fracas des machines sur lesquelles ils travaillent à longueur de Journée. La seule fuite possible, la seule issue face à cette routine, c’est de devenir, à l’instar de Johnny un rock and roll hero. Il faudra attendre faire nos adieux à nos amis pékinois sur « Hui Shou - 回授 » au tempo ralenti et à l’ambiance éthérée et aux sonorités de cordes chinoises. On est triste de partir, à contrecœur. Les valises bourrées de faux polos Lacostes et les tympans pleins de ce son de transistor écrasé. Cette bouillie de puce électronique agressive, aigue et rugueuse qui est celle de la ville, qui est la notre.

C’est cela Carsick Cars, des jeunes qui aiment et qui souffrent, à mille lieux des pluies de roses et des lendemains qui chantent. C’est le quotidien au cœur d’une ville de béton tentaculaire, ceinturée par 7 périphériques, au soleil masqué par des nuages de pollution marrons et aspergée par des pluies acides qui ravagent jusqu’à votre selle de vélo.

Loin de la masse impersonnelle et silencieuse, des jeunes mènent le changement et rompent avec le masque de cire d’une société forcenée de travail et cosmopolite s’étirant de Pékin à Canton. Loin de la clinquante image d’une génération ambitieuse, avide et sans morale ni scrupules.

C’est ce tour de force que les Carsick Cars sont en passe de réaliser : nous faire embrasser la beauté et la fragilité des multitudes.

mercredi 1 septembre 2010

La presse Rock à l'heure du digital, lettre ouverte à Rock & Folk

Pour une fois, je pense faire un billet utile. Ecrire quelque chose d’éducatif, structurant et si possible un peu humble, comme un prof du collège de France. Ce serait agréable. Les gens resteraient là, à m’écouter déblatérer ma prose dans un luxe de style et d’intelligence. Cependant non, je ne vais pas le faire comme cela, mais avec un ton agressif et maladroit, en espérant dire toutefois quelque chose d'utile. C’est un peu le deal entre nous non ?
Vous me donnez un peu de temps d’audience (qui me donnera l’impression de combler le vide de ma vie) contre l’impression d’un enrichissement éphémère (qui vous fera sourire un peu, si possible).
Mais ce n’est pas la question d’aujourd’hui alors reprenons, et disons ces choses utiles.

Je me suis plongé, à l’instar de quelque uns d’entre vous dans le grand dossier central de l’édition d’aout de Rock & Folk.
Et bien j’ai été surpris, par une publication qui devrait être ni plus ni moins la NRF de la musique pop en France (je n’ai pas dit de la musique française). Tout d’abord une super couverture, annonçant d’alléchantes spéculations sur le retour éventuel de noir désir. Force est de constater que le lecteur sera déçu, car il devra se coltiner les divagations de quelques oncles Paul. Qui savent bien faire ce que l’on attend de l’oncle Paul, c’est à dire raconter de belles histoires. Ce qui n’est pas gênant en soi, car tout le monde aime les belles histoires.

Mais non, car l’accroche est mensongère (Un peu comme un autre numéro précédant titrant « Jack White tacle la concurrence », tout ça pour s’entendre dire au détour d’une question un truc de ce genre « Beaucoup de gens enregistrent avec des ordis actuellement, et bien moi désolé les mecs, je préfère l'analogique [...] »).
Le résultat est le suivant : huit belles pages traitant du rock français, de cette grande obsession du grand retour. De l’être providentiel.
Un sentiment très français depuis Jeanne d’Arc et De Gaulle. Une sorte d’apparition post messianique de 4 types à même de faire se remuer tout un pays à l’unisson. Et bien sûr pas un semblant de réponse, ni sur Noir Desir, ni sur le rock français en général.
On a bien un petit moment sur le Do It Yourself un peu intéressant ou personne n’avoue qu’il aurait pu faire mieux, et puis quelques lignes croustillantes en forme d’aveux « Aucun rock critic ici n’a vu venir Phoenix ». Tout cela peu être encore défendu avec un peu d’argumentation et bien amené avec quelques pirouettes.
Mais là ou le bat blesse, c’est quand nos sages nous parlent d’internet. Ces respectables, ces puissants, ces musiciens, ces immortels évaluent les succès « au nombre de connexions internet ». Mais sans dire de quoi l’on parle, de visiteurs uniques (ce qui est le plus probable), de pages vues, etc… malgré un petit moment de bravoure sur le nombre d’écoutes, de téléchargements et le business modèle de Radiohead. Au détour de ces quelques lignes, le visage hideux de la vérité apparait, amenant avec lui son funeste cortège de désillusion.
Ces rockers respectables sont des notables. Des gens qui se retrouvent dans le 17eme en écoutant des vinyles sur des grandes enceintes JBL aux basses bien rondes, sirotant lentement leur verre de brandy. Attention, je ne blâme pas leur situation, on peu être riche et être intéressant, agréable, bien apprécier la musique et bien en parler.

Je blâme leur âge, ou peut être plus leur manque d’ouverture d’esprit. A traiter le web comme la dernière roue du carrosse, on perd le sens des réalités. On perd de vue le fait que les jeunes lecteurs sont des kids sans un rond qui téléchargent toute leur musique, roulent en mp3, échangent des titres et donnent leurs avis sur des albums obscurs et des textes apocryphes (à l’image de ce modeste blog), le tout sans compter leurs heures ni leurs efforts.
C’est quand même dommage, car le temps passant ce magazine vient à manquer sérieusement de slip. Les Ungemuth, Farkas et autres sont bons, mais sacré bon sang... Quand on me parle d’un live qui tue je veux des références Youtube, des notes de bas de page qui me redirigent vers les blogs spécialistes et les revues online qu’ils ont pompé.
Je veux que les journalistes livetwitt le Hellfest comme Alex Hervaud. Je veux une plateforme de blog brandée comme le magazine (à l’images des blogs Le Monde ou Libé) qui tiennent la route. Je veux voir des making of. Je veux voir des débats, enflammés en vidéo. A l’heure actuelle, les politiques et les économistes qui se jettent leurs notes à la tronche sont dix fois plus excitants. Je me souviens d’ailleurs d’un premier essai, le punk press club qui n’était pas mal en soi, qui amorçait un truc super  intéressant.

Et puis depuis, rien, silence radio sur le site, qui est d’ailleurs une sacrée bouse. Je suis sur qu’ils ont des rédacteurs plein de bonne volonté qui pourraient bénévolement lâcher un billet ou deux par mois. J’adorerais le faire si j’en avais le talent. Mais les Inrocks et Technikart s’en sortent et des milliers de blogs rocks pullulent et nous sommes loin de tous les connaitre. Je veux une page de ce mag consacrés aux sites et blogs du mois, chroniqués comme des albums, indiquant leurs sujets de prédilection, etc.
Je veux des reprises des meilleurs articles thématiques du web comme le fait Owni. Je veux des articles sur l’avenir de la musique payante et gratuite comme on peut en lire dans Wired. Je veux un comparatif des meilleures plateformes de streaming musicales légales, Deezer, Spotify, Grooveshark et toute la clique. Je veux que vous parliez de choses neuves, de trucs pratiques, qui donnent envie d’ouvrir son blog, de lâcher des playlists. Je ne veux pas baver sur la Triumph ou la Vespa que ne n’aurais jamais.
Je veux que l’on me parle de Pandora et des raisons pour lesquelles c’est rideau en France. Je veux de l’utile. Je veux des critiques croisées à la Pitchfork. Je veux que l’on m’en donne pour mon argent. Je veux que vous fassiez votre boulot comme en 2010. Pour que je puisse vivre ma passion, comme en 2010, comme j’espère la vivre en 2020, un verre de brandy et un iPad en main. Un peu d'allant que diable !

Merci à ceux qui ont ce roboratif article lu jusqu’ici. Et a très bientôt.

samedi 7 août 2010

Le bal des sorcières



L’été est là. Et vous le savez, l’été c’est l’ennui. La mort moite et fumante, dont la torpeur humide et collante s’exhale par tous les pores de votre peau. Accablé par la chaleur, il ne reste rien à faire, que vous soyez au travail ou au chômage, vous le savez.
Vos clients, vos patrons sont partis ou sont sur le point de le faire. C’est un moment douloureux pour tous. Personne ne se soucie plus de rien. Rome ou Berlin en feu devaient être remplis de ça, de gens qui s’en foutaient.
Il n’y a plus personne pour se soucier de quiconque.
A l’heure qui l’est on se soucie d’expedia.com, de lastminute.com, de hertz.com, de voyagessncf.com.
Autant d’institutions aux cases à cocher et aux montants à remplir qui vous insultent à chaque fois qu’ils sont prononcés.
Alors on va faire comme tout le monde et s’en foutre. Mais attention, avec élégance, avec détachement et distinction, et s’enfermer dans un délire musical dangereux.

On mettra autant de ferveur à écouter ce disque que les autres en mettent dans le choix de leurs horaires de trains et de ferry. On se recueillera devant le tourne-disque tout comme ils le feront devant la machine Selecta de l’aire d’autoroute du Loup (à 40 km de Valence environ). On choisira avec cet album avec minutie, comme un billet d’avion. Sauf que là, le décalage horaire, se comptera en bpm, l’excédent bagage en décibels et la taxe aéroportuaire en watts.
C’est drôle, car je suis justement tombé sur un album à vous faire préférer le ciel noir de vinyle à celui bleu de beaucoup de destinations.

Les Warlocks sont un groupe atypique. C’est la formation de Bobby Hecksher qui chante et gratouille la sèche après avoir passé quelques temps au sein du Brian Jonestown Massacre. Autant dire qu'il figure en bonne place dans l'aristocratie rock indé californienne.
Bien sur hautement influencé par Anton Newcombe, le leader s'entoure d'un noyau solide (JC Rees : guitare, Ryan McBride: guitare, Bob Mustachio [!!!] : batterie) et d'autres acolytes de passage.
19 personnes sont déjà passées dans les rangs du groupe cultivant un son (et un mangement) assez similaire à celui du BJM, bien qu'un peu plus noise et mélancolique. Une sorte de croisement entre les Jesus and Mary Chain et les Dandy Warhols saupoudré par un Velvet Underground ésotériquo-new age.
Si vous n’avez pas décroché après ce pot pourri foireux, le mal est fait, vous allez adorer ce groupe.

Le bal s’ouvre d’ailleurs sur un couinement de scie à métaux, orgie de reverb et de saturation dont va s’extraire peu à peu quelque chose ressemblant à un beat de batterie et une  mélodie de guitare aussi déglinguée que ses auteurs. Oui, « Jam Of The Witches » est bien un bœuf déjanté, le sabbat d’une bande de sorcières balais electriques en bandoulière. 14 minutes sombres et instrumentales qui sonnent comme des lament le prélude à une odyssée nocturne.
Les shamans sonnent le gong et posent la transe, le tambour lent et les guitares l’installent dans une ambiance aérienne et éthérée et transparente. On se retrouve transporté dans la « House Of Glass » un songe confortable, quelque par autour du feu, à demi endormi dans l’herbe sèche. Cette petite voix vous rappelle qu’il n’y a que vous, l’immensité du ciel et les étoiles et que tout va très bien comme ça.
Le « Skull Death Drum Jam » porte bien son nom. Oui, je l’affirme car on peu compter sur les doigts d’une main les groupes signés osant débuter leurs morceaux par des plages de batteries pures de plus d’une minute sont rare. Même si cet interlude tribal installe une petite atmosphère, on aurait bien voulu une petite voix sur cette disto buzzante, histoire de combler le vide percer dans notre espace limbique.
La piste suivante, « Whip Of Mercy » revient sur des variations plus classiques et plus régulières. Cette petite voix, sa batterie caressée par des pinceaux rappelleront des choses aux amateurs du Brian Jonestown Massacre et d’Elliot Smith. Et dieu sait qu’il y en a dans la salle. La petite mélodie de voix a tout ce qu’il faut pour réconforter les cow girls parmi vous. Mais tout ceci n’est rien. Non, strictement rien vis-à-vis du frisson que l’on ressentira à l’écoute du morceau suivant. Celui-ci est une sorte de caresse hallucinée. Une de celles qui partent des tréfonds de la nuit pour vous accrocher à votre plafond au milieu d’un rêve. « Song For Nico » est ni plus ni moi qu’une des plus belles chansons d’amour écrites durant la fin des années 2000. Rien que ça. Non seulement l’aspect musical de la chanson et proprement imparable (les accords d’Heroin du Velvet, mixés avec une livraison vocale digne d’Anton A. Newcombe et des plages soniques sonnant comme du Jesus et Mary Chain). On saura aussi apprécier un songwriting aussi percutant que minimaliste :

“Roses are so red
They make me want to sleep on the floor with you.
Is it okay to taste the salt and wake up on a Saturday?
I think it is.
I know it is."

Se pourrait-il que ce diable de Bobby Hecksher parvienneà reprendre le dessus ?

La confirmation nous en est donnée sur « Left And Right Of The Moon ». Rien que le rythme de batterie et de basse augurent tout d’un excellent morceau. Vient ensuite la voix de ce satané Bobby. Ce maudit qui a vendu son âme au diable. Hantant les rues à la recherche de sa dulcinée dans la nuit, il n’a d’autre choix que d’errer sous la lune laiteuse et insolente. Le solo pathétique et malingre sonne de ses cordes usées dans le vide. Décidément, cet album est celui d’un ouest fantomatique.
 « Motorcycle », la chanson suivante est encore un grand jam instrumental planant totalement maitrisé étirant ses guitares de tout leur long. C’est un retour sur terre en douceur, à la cadence des pistons qui cognent et du métal qui brûle
L’ultime chanson est le réveil «Heavy Bomber/Laser Beam » est un live. Le temps du rêve est fini, le son se dégrade. Le fantasme de la perfection disparait dans les derniers échos du songe que la foule impie ose déchirer à coup de murmures et d’éclat de rires.

Ça y est, c’est le retour sur terre, et l’on a du mal à y croire. On se retrouve dans son lit et le réveil matin nous rappelle qu’une nouvelle journée commence. Mais qu’elle était bien cette nuit bleue pétrole. Une couleur logée au plus profond de crâne, que tous les ciels et les mers du globes auront à vous envier pour longtemps.

Bonnes vacances.

samedi 24 juillet 2010

Manhood lesson

Some of you are maybe familiar with Jean Claude my school driving monitor, here is a nice piece of today’s lesson I'd like to share with you:


-Nick, why the fuck are you always stuck in second gear? Do you see this fucking sign? It says 50 km per hour, not 35 Okay?
-It’s a speed limit, I can drive under 50.
-Oh here it is, mister smart ass, I’m gonna cry. Now come on, speed this shit up. Do you know Steeve Mc Queen? Do you know Superman? That’s the kind of man I want you to be on the road.
Now try to be that man. Why wouldn’t you be such a man?
-I’ll try sir.
-Don’t call me sir, you can call me Jean Claude, I’m your pal, it’s been what, forty hours we’ve been driving together. I would have already banged the shit out of you if you’d been a girl. But now, considering the way that you drive I’m starting to wonder. Do you have a pair of balls?
-Uh yeah
-I hope so, because if you keep on driving this slow, I’ll chop yours off, put them in an ice bucket and give it to a charity like “Balls for all” if you know what I mean. You gotta be proud of it.
-Ok
-Great, now show me your balls.
-…
-Come on grab your balls!
-Like this (me grabing my crotch while driving).
-Yeah now say it “I’m a man!”
-I’m a man.
-Shit no you faggot, louder.
-I’m a man !
-Fuck yeah, do you smoke?
-No
-Oh shit, it’s exactly what it’s all about. Come on, have one.
-I’m driving.
-So pull over, right here.
-What?
-Pull the fuck over now, that’s an order, that’s an exercise. Do it.
-OK, here we are. 
-Come one, have one. Here’s a light.
-I feel like my head is spinning.
-Don’t you feel more relaxed?
-Hum, kinda.
-That’s what the deal is all about. Now drive fucking fast.
-Like this?
*Motor roaring*
-Yeah man! Don’t you feel so free and so happy you could die and still don’t give a shit?
-Yes, but someone wants to cross the road.
-Oh? That girl? She’s ugly anyway, don’t let her pass.
-Ok.
-Well, end of the lesson; let’s go back to the school.
-Right on
-Ok, now I’m gonna give you some homework.
-What?.
-Yes, what day is it, Friday or Saturday?
-Saturday.
-Perfect. Here is your homework: find a geaorgeous girl and do yourself a favor. Bang the shit out of her, and never call her again. Next week, you’ll tell me if your balls are working. Thats all I want to know as far as I’m concerned. I’m worried about you man.
-Ok, have a nice week end.
-Thanks, you too buddy.

vendredi 25 juin 2010

Les chansons incontournables [pourraves] de la fête de la musique

Un petit classement des quelques tubes à mon sens les plus repris que vous avez fatalement déjà entendu un 21 Juin au soir dans les rues encombrées. Cette digression est basée sur une idée originale de mon boss qui est d'ailleurs un lecteur occasionel de ce misérable weblog, qu'il soit ici remercié pour m'avoir consciemment laisser opérer ce ripp off honteux.




Où ? Dans le parc municipal, assis en rond

Accessoire obligatoire : Un Djumbe ou un bâton magique au cas où un jongleur de rue ivre mette en cause votre habilité naturelle aux sports artistiques

Cette chanson est à la musique ce que Bayrou est à la politique. A mi chemin entre Reggae et Pop Rock, on ne se mouille pas. Assez militante pour attirer les élèves de sciences humaines en sarouel et assez rassurante pour faire oublier vos dreadlocks à une assistante DRH en galère.

« Knocking On Heaven’s Door » (Bob Dylan)

Où ? Devant une sortie de garage

Accessoire obligatoire : jean slim gris et t shirt décolleté en V. Une paire de bottillons en daim est un plus.

Ce sont les tous premiers accords plaqués par un baby rocker à sa naissance. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est facile à faire, et que le petit trémolo de voix émue peut décider à lui seul si vous choperez ou non ce soir. Autant mal le beugler dans la rue au cas où passerait une Plasticine.

« Smells Like Teen Spirit » (Nirvana)

Où ? Devant leur garage des parents

Accessoire obligatoire : cheveux gras et chemise à carreaux, jean troué.

Parce que jamais rage adolescente n’avait jamais été mieux évoquée en musique. Cette chanson est l’exutoire de rêve pour une bande de post grunge que leurs parents ont laissé à eux même pour apprécier un concert de musique Baroque à la Sainte Chapelle. Partez de préférence avant que leurs amis à BMX ne soient saouls à la bière.

« La Foule » (Edith Piaf)

Où ? devant un troquet PMU

Accessoire obligatoire : être pied nus

Cette interprétation libre hurlée sur une sono mal réglée est bien souvent le fruit du hasard. Deux typologies d’interprètes se la disputent : Gisèle, le pilier de comptoir, chauffée à blanc après quelques ballons de rouge et les vivas de ses camarades de zinc ou une pseudo Camille arty et peinturlurée ponctuant sa prestation de cris, de claquement de langue et autres bruitages corporels inusités.


“Smoke On The Water” (Deep Purple)

Où ? Sur la scène municipale de la MJC

Accessoire obligatoire : cheveux gras, T shirt Opeth et des instruments Squier (et oui, budget limité)

Rock is not dead ! Ces jeunes chevelus sont là pour vous le prouver puissance 10 000. Privés de Hellfest à cause de tarifs prohibitifs, ils comptent bien transformer la scène municipale de Vaires Sur Marne en communion Heavy Metal orgiaque. Le tout sous le regard dépité de Love Mary & the Jeanne, la formation de Ska Festive locale assurant le prochain set.

« Memories » (David Guetta)

Où ? Dans les transports en communs, de préférence blastée via haut parleur de portable

Accessoire obligatoire : téléphone portable, bouteille de Sminorff Ice

Les putafranges sont de sortie !  :) Elles aussi kif tro grav la zik lol !!! ;) Et comptent bien le prouver en allumant pendant la soirée quelques groupes de racailles agressives. Autant commencer par un de leurs lieux de prédilection, c'est-à-dire les  transports publics. Effet lâchage de 06 et de garet’ci garanti !

« Le Diner » (Bénabar)

Où ? Devant un bar à vin – bibliothèque labélisé commerce équitable

Accessoire obligatoire : un vélib, une chemise bien coupée et une paire de lunette pour madame

Qu’on se le dise Les trentenaires n’ont pas vieilli. Même après une journée passé en conf calls, en courses de Velib’ endiablées et après en week end riche en brocantes et autre marchés éco citoyens, des tablées entières sont prêtes à reprendre à tue tête tous les classique de Bénabar. La sauterie prendra fin lorsque les enfants seront fatigués et les hôtes à cours de cubitainer de côtes de Provence bio.

« La Femme Chocolat » (Olivia Ruiz)

Où ? Un angle de rue entre le café du commerce et la Pharmacie Brugier

Accessoire obligatoire : Un chapeau trouvé dans une poubelle et un corsage à fleurs

Les petites artistes en devenir comptent bien célébrer dignement le plus long jour de l’année. Elles installent leur petit clavinova sur un tapis persan et joueront jusqu’à ce que leurs cheveux soient en bataille et que leurs petits ongles vernis transpirent dans leur bottent en plastique. Barrez vous avant que les gitans locaux improvisent de grands solos de violon electriques.

« Bulletproof » (La Roux)

Où ? Entendue à une fenêtre d’un appartement trop bien pour vous.

Accessoire obligatoire : un t shirt à tendance graphisante et un hoodie à couleur vive.

C’est ben connu, chez les 24h party people, c’est la fête de la musique toute l’année. On ne se bornera donc pas à sortir mais on optera pour un brunch musical en se trémoussant sur une resucée 2010 de David Bowie. 

Allez, à toute les amis pour une nouvelle review d'album rock nulle et non avenue.





mercredi 9 juin 2010

L'armée des tocards

Comme si l’on était tous parfaits. Comme si nous étions tous autre chose que des Karl Lagerfeld et des Lady Gaga de salon. On a tous déjà eu ce sentiment, d’être fondamentalement mauvais.
Oui, vous vous souvenez, au collège et au lycée, ce prof qui pensait que vous n’obtiendrez jamais la moyenne demandée en math…
Et bien des fois, la nature humaine se révolte, et l'on travaille d'arrachepied pour leur prouver à tous qu’ils avaient tort, et que pour une fois, une seule et unique fois que l’on valait mieux que ça.On décrochait un onze sur vingt (ou mieux pour les plus motivés) et on avait, par ces quelques traits tracés sur une copie littéralement craché au visage du responsable de nos souffrances.
Si vous avez déjà ressenti ce genre de sentiment, vous  partagerez ma passion pour les petits, les habituellement médiocres qui ont sué sang et eau une seule fois pour toute. Le tout pour une petite place au top 50 et voir leurs piles de 45 Tours fraichement pressés  fondre comme neige au soleil, avant de disparaitre définitivement dans l’anonymat.
Oui ces gens pour qui j’éprouve une passion particulière sont les « One Hit Wonders » ou «merveilles d’un titre» en français.
Ils fourmillent dans de magnifiques compilations qui comptent des quantités insolentes de gemmes et de pépites cachées.
Les compilations Nuggets, Children of Nuggets ou alors, la quantité chavirante des Pebbles disponibles sur Internet via d’excellents labels pourront vous en convaincre.
Mais vous n’aurez pas toujours besoin de courir après ces merveilles publiées avec amour sur des labels indépendants.
Car parfois des miracles ont lieu, car oui, ce genre d’accidents industriels musicaux arrivent.
Il arrive en effet que de temps en temps des Majors désireuses de rentabiliser leur fond de catalogue pressent les meilleurs hits et faces B de leurs gloires inconnues en petites quantités.
Elles empaquètent le tout sous une Jacquette aussi mensongère que putassière et cèdent cette compilation a bas prix afin de faire vite partir les stocks.
L’affaire est vite oubliée par les protagonistes eux mêmes, l’actualité étant rapidement accaparée par la sortie d’une merde grand public infâme, mais un peu plus rentable pour la boite.
Ces merveilles de bacs à solde oubliées comblent maintenant les mélomanes que nous sommes, bénissant les directeurs artistiques ou les chefs de produits de ces grandes maisons de disque pour avoir été si connaisseurs, ou  inconscients. C’est le cas pour la bien nommée « Burning Sounds! 20 power pop killer cuts ! »
On ne rentrera pas ici dans les détails biographiques des divers groupes venus de tous horizons Garage, Punk, Rock et Pop présents sur cette compile.
Cependant le fait marquant pour l’auditeur est qu’un un trait commun les unit tous : l’amour d’une musique aussi flamboyante que rythmée, donnant aux prestations des diverses formations une touchante unité.

Dès le titre d'entrée, on aura compris le ton aigre doux de la compilation avec "Shake Some Action" un titre tardif des héros Californiens du Rock Garage à savoir les Flamin' Groovies. Cette longue complainte posée sur des entrelacs amers de guitares tristes, et déjà nostalgiques d'un temps qu'elles ont crût à peine voire passer.
Le tube suivant est une cathédrale de pop rock Kitsch totalement improbable portant le nom proverbial "Overnight Sensation (Hit  Record)" implorant les dieux du succès dans une magnifique supplique. Imaginez vous mélanger du Elvis Presley (pour la voix) , du Beach Boys (pour les harmonies vocales), du Elton John (pour le piano)  et du Queen (pour la prestance et les guitares) le tout dans un élan glam anglais. Le pont proprement hallucinant à 3'00 suffira à vous convaincre du génie ignoré des Raspberries.
L'étrange patchwork  que constitue ce disque continue avec un groupe de Pub Rock, Brinsley Schwarz, notoirement connu pour avoir pillé Crosby, Stills, Nash and Young et Grateful Dead.
Les traces de ses influences dans "The Ugly Things" ne sont pas si évidentes du tout, et la tristesse et la mélancolie du groupe n'ont pas vieilli.  La chanson suivante "SubRosa Subway" dont seul le titre à quelque chose à nous offrir ne restera pas éternellement dans les mémoire, comme le groupe qui l'a produit : Klatuu.
Un groupe qui pour la petite histoire a été vu comme les Beatles de 1976. Une petite hype qui n'a pas empêcher leur unique album d'être un four, la vague pré punk et ses descendant ayant déjà tout emporté.
La création du groupe des anglais The Babys est nettement plus convaincante. "If You've Got The Time" dont les solos ardents sont tout droit tirés des Nuggets et une conviction stupide digne d'un David Lee Roth gonflé aux stéroïdes anabolisants emplissant l'effort d'un souffle épique.
Le groupe suivant, et (oui cher lecteur nous n'égrainons ici qu'une simple liste de damnés du rock, alignés contre le mur de la fatalité attendant le geste du bras d'un commandant de peloton Salvadorien moustachu et suant).
The Boyfriends, au nom aussi magnifiquement cul-cul que bravache produisent quand à eux un surprenant mélange de rock sentimental énergique émaillé de claviers qui pourraient être tout droit sortis des rêves de Steve Nieve. "I'm In Love Today" est un vrai petit bijou de rock pop au sens noble du terme.
"Starry Eyes", une chanson de The Records ressemble fort à un titre de Eddie and the Hot Rods. Encore bourré de références sentimentales amères et tristes, d'histoire de ruptures, de souffrances et de haines passionnées complétement contenues.
Celle ci ayant la simple prétention d'envoyer l'auditeur droit dans le mur et sans autre forme de procès.
La formation suivante, une des plus intéressante de l'album car menée par Glen  Matlock, bassiste original des Sex Pistols et fan inconditionnel des Beatles.
Ce dernier ayant été chassé pour cette même raison du groupe qu'il avait contribué pour une grande part à fonder (et oui, c'est sa basse que l'on entend sur plusieurs pistes de "Never Mind the Bollocks"), le tout pour être remplacé par ce petit junkie sans talent ni envergure de Sid Vicious. "Burning Sounds" est le titre éponyme de cette compilation, délivré pas la formation punk que représente les Rich Kids. Tous les ingrédients sont ici au rendez vous: guitares dures et écorchées, riff simpliste batteries sans concessions et morceaux de bravoure (le "Burn !" à 2'08 et le solo qui s'en suit dans un écho de reverb dégoulinante de volts).
Le groupe suivant, The Knack, un groupe de pop de la région de Los Angeles, solidement nourri d'influences sixties (des cœurs de Beatles, et une guitare empruntée aux Kinks aussi mutine que sautillante).
Il ne faut toutefois pas nous laisser berner par la bonhommie de la mélodie et sa livraison emprunte de fraicheur dégourdie. C'est bien de tourments que l'amour dont l'on parle ici (et oui, encore) et de fort belle manière. Je mets personnellement au défi tout mâle hétérosexuel normalement constitué  (même votre serviteur)  de ne pas se reconnaître dans "That's What The Little Girls Do" et  les imprécations empruntes de doutes et d'hésitations adolescentes qu'elle délivre.
La prochaine chanson est une création somme toute originale des Barracudas, ceci pour la simple raison que c'est une des seuls chansons issue de la vague néo Surf des années 80. [What the fuck people?].
Néanmoins on ne pourra que louer cet effort, débutant par une introduction sonore livrant avec un  brio dramatique une gravité et une solennité toute maritime (ressac et cris de mouette à l'appui). "His Last Summer" raconte de décès de Ricky, surfeur de son état et frère de vague. Son dernier été, à la recherche de la vague parfaite et du tube de trop. Les refrains entrainants sauront vous convaincre qu'un "surfing suicide" est un concept possible, viable et tout à fait crédible. On passera vite sur "Long Lonely Nights" dont les claviers 80s et les trompettes ont fort vieilli. Le titre suivant étant bien plus intéressant.
Hormis un nom aussi mystérieux qu'improbable The Pale Fountains livre un morceau tout aussi cryptique "Jean's not Happening" un mélange de pop Beatles débuté sur une attaque de guitare tournante destructrice qui meurt dans un dernier relent de Joy Divison fugace. Les violons dramatiques rajoute une touche de beauté tout aussi grandiloquente que solennelle à l'ensemble. Comme un glaviot que l'on aurai craché de Manchester Jusqu'à l'estuaire de la Mersey.
La prochaine chanson "Fell" des Let's active  est une ballade sentimentale portée par une voix déçue et plaintive, pleine d'amertume et de regrets. "Vanishing Girls" elle rappellera des souvenirs aux auditeurs émus d'une autre compilation citée precedemment "Children of Nuggets".
Vous pourrez encore me dire que vous en avez marre des noms de groupes proprement mirobolants, mais auvouez tout de même que The Dukes Of Stratosphear" est au moins aussi incroyable que  les tressaillements de la basse à 0"15 secondes.
On cessa les pleurnicherie sur un heavy beat de batterie et une batterie turgescente, sans oubliés des paroles stupides d'amertume colérique. Encore le sempiternelle histoire d'un cocu qui souffre "Hard To laugh" est un monument de chœurs collectifs et de cymbale ride. Une belle ironie globale pour un groupe portant le doux nom de Poursuit of happiness, l'histoire no vies en somme, n'est-ce pas ?
On renoue avec la guitare sèche sur "Baby's Coming Back" interprétée par Jellyfish. Autant dire que la chanson est belle malgré des arrangements au sax et au clavier totalement badant (oui, je trouve ce mot  tout à fait à propos) et une voix de chanteur à la croisée de celles de Slimmy et Mika des mauvais jours.
Autant le dire, la chanson suivante est un mix de beaucoup de choses, personnellement,  je la définis comme une voix de Happy Mondays mixée avec du Beach Boys feats Status Quoi sauce-dance-kitsch-grand-guignolesque. C'était "Everything! (A Song For Dennis Wilson)". Mes amis, je vous le dit de but en blan, la chanson qui suit est juste énorme. L'œuvre d'Orange un combo de punk californien pétris de fuzz et de Beach Boys maniant l'alternance de tempo avec une facilité et une richesse d'arrangements insolents.
Après "Lucy In The Sky" il y aura "Judy Over The Rainbow". Daryll-Ann reprend le flambeau d'une manière tout aussi bouleversante avec des grandes plages de guitare tordue, piquées aux Pixies (caisse claire sèche) et à My Bloody Valentine (guitares velociraptor) mais traitées et arrangées avec un vernis pop-rock faisant la part belle à des solos vibrants et chevrotants.
Le plus beau étant la fin "Good Thing" s'arrète tout net. Quelle audace !
Autant vous prévenir toute suite la piste d'après, Shangri-La vole les premières notes de "A Day In Life". Ne vous méprenez pas, mes amis, ce n'est pas du vol. Ce morceau n'est d'autre qu'un hommage de 7 minutes 30 aux Beatles. Les connaisseurs s'amuseront à reconnaitre des passages de "Hey Jude" et des chœurs et des trompettes de "Magical Mystery Tour".
Decidemment, The Rutles ont été un très bon tribute Band.
Et c’est avec ce fade out sonore interminable que se termine cette compilation.

Oui, la compilation, ce format maudit, celui des inconnus et des sans grades. Méprisé tout entier par certains puristes, car n’étant rien d’autre qu’une liste de courses (comme cette chronique d’ailleurs, pardon à tous).
Avec toute leur humilité ceux-ci nous ont bien montré une chose.
Même englués dans notre quotidien et nos soucis. Il faut essayer de voir plus loin. Comme ils l’ont fait.  Dans un élan contemplatif et désintéressé absolu, quitte à se prendre en plein front la vicieuse et ultime balle tirée par la citadelle du destin.
Ces chansons valent le coup, même consommées sur des grandes plateformes d’écoute de musique en ligne, des mp3 surcompressés pourraves, les uns à la suite des autres, à la manière d’un gros gamin gâté et immonde.
Oui, elles valent sacrément le coup, stéréo et mono, prises studio et lives, originales et reprises confondues, petits labels ou grandes maisons de disque.
Elles nous rappellent tous les jours qu’elles valent le coup de se battre pour elles, de toujours combattre, de ne jamais se rendre. De ne jamais nous rendre.
Ils pourront alors mettre nous dépouilles en tas sur une chariotte, avec celles des derniers forcenés du quotidien, ces derniers navrants résistants de la loose.
Le bourreau ventripotent pourra alors distinguer parmi les loques débraillées et malgré les taches de sang caillé sur nos visages un sourire satisfait. Le plus insupportable de tous à ses yeux : celui que seuls les gens heureux arborent.



samedi 15 mai 2010

Point édito

On me parle de beaucoup de choses. Des choses plus intéressantes les unes que les autres. Avec des amis on parlait d’écriture, de blog. 
J’ai avoué que j’en avais un, je l’ai confessé à ma plus grande honte.
On ne m’a pas demandé quel était son sujet, quelle était la vision que je tentais d'y développer de temps à autres.

J’aurais pu dire qu'à cent endroit on parlait principalement de rock et de jeunesse urbaine. 
Que je brossais des critiques d’albums de rock bâclées. Que je n’aimais pas l’ironie ni le sarcasme, que j’entretenais une prétention littéraire puérile tout bonnement scandaleuse etc…

Non, rien de tout ça. On ma demandé « C’est quoi ta ligne éditoriale ?». J’ai eu mal au crâne. 

(Aussi mal en crâne que maintenant quand j’écris à la première personne du singulier. Cet égocentrisme moche, dénué de tout raffinement, de toute pirouette stylistique. Un type d’écriture direct et simpliste, qui n’a aucune vertu narrative quand vous ne maitrisez pas la stance et le rythme de l’écriture américaine. Un style qui pâlit de mots en mots quand vous ne maitrisez par le langage d’uppercuts chorales chatoyants d’un Faulkner.)

Votre pauvre rédacteur à la petite semaine à du expliquer tout ça, devant un jury circonspect, tatillon et pointilleux. Il s’est dit à l’instant même où il déblatérait tout ça que tout ce ramassis de bêtises ne ferait pas un bon billet, mais un billet quand même, pour rassurer les anciens et mettre à la page les petits nouveaux.

Je voulais vous livrer ces règles de base sous la forme de commandements, mais le poids écrasant des monothéismes conjugués aurait été bien top lourd pour ma petite personne.
L’auteur ici présent se bornera donc à les liste comme elles viennent et s’arroge le droit personnel exclusif de les modifier selon son bon vouloir et sans aucun avertissement préalable.

On ne parle ici que de chose que l’on aime ou qui plaisent. On avale de la merde toute la journée. On ne va pas lui donner le privilège vulgaire de suinter jusque sur ces pages html.

On écrit en français par basse prétention littéraire, fainéantise et chauvinisme déplacé. C’est déjà suffisamment difficile comme ça de cultiver une personnalité dans sa langue maternelle, même si la perspective de pouvoir draguer un lectorat anglophone me plait bien.

On parlera de tout et n’importe quoi, mais on prendra soin de le maquiller habilement dernière un vernis rock et musique de jeunes, bruit, etc…

Le contenu rédigé primera toujours sur le reste.

On ne se prendra jamais la tête (comme je viens juste de le faire, oui je sais, je suis un sale con).

Voilà, c’est le genre de billet chiant à faire (et à lire, oui, pardon à tous, j’en suis conscient) mais c’est utile. Je pense que ça a du être pareil pour la pierre de Rosette, mais en plus sérieux.

Je vous laisse un truc marrant ici et un pour me faire pardonner.

A toute, pour des choses un brin plus interessantes.