lundi 18 mai 2009

La minute CNRS

Non, pas de disque là, pas envie, pas la niaque, pas la grinta du joueur de football sud américain.
Pas de sensations, de frissons, Waterloo morne plaine.
Alors voilà ce que je vais faire comme le marin au port, je vais bourrer de tabac ma pipe en écume , et vous demander de me payer quelques lampées de rhum afin de vous exposer quelques unes de mes théories rock fumeuses.

Voilà, je vais me perdre dans un verbiage socio-politico-musical plus ou moins long et brillant afin de vous distraire, lecteurs chéris, avec la grâce et le brio du clown depressif. Le genre de malade qui dans un dernier soupir, mourant sous la lumière aveuglante des projecteurs serait capable de lancer une dernière blague de toto avant de souiller son pantalon bouffant à pois dans un dernier tressaillement convulsif.

Nous allons aborder ensemble une des grandes questions que je me suis beaucoup posé depuis au moins 5 ans. Pourquoi existe-t-il (du moins médiatiquement) que des groupes de rock dits de riches?
J'imagine souvent dans mes fantasmes musicaux un groupe moderne, contemporain, transpirant l'ennui et l'urbanité agressive, dont les chansons relateraient sans détours des amours brisés et des rixes auprès des tours (poésie quand tu nous tiens). Vous savez, un genre de songwriting que l'on a pas vu depuis Renaud mais en beaucoup moins ringard, en évitant les mobylettes et l'accent titi parisien.
Un groupe dont l'écriture saurait synthétiser la veine à la fois vraie et poétique des bons groupes de rap (clichés d'orient/cuisine au piment/jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la foret de ciment -IAM-) dans un format résolument rock.
Des guitares un peu salies, à mi chemin entre les Hellacopters et les Libertines, mais avec un style bien plus direct, proche et concerné (qui a dit Starshooter et Asphalt Jungle?).
Je n'ai pas peur des chansons médiocres, je suis sûr qu'elles peuvent êtres vraiment nazes, si faibles et décharnées qu'elles en auraient du charme. Ce truc touchant qu'on les mauvais élèves quand ils orthographient mal un mot.
Ce serait, ça un groupe de pauvres, pour une fois, on pourrais même leur pardonner certaines choses comme le fait de faire un clip sur la dalle à carreaux de terracota 70's de la préfecture de Creteil. Jusqu'à présent les groupes de pauvres versent tous dans le ska festif ou l'alernatif 80's chiant comme La Souris Déglinguée et les Garçons Bouchers (que personne ne me parle de Noir Désir).
Ce triste constat nous amène à une question centrale en France (le pays de Saez, aïe, plus de 14 ans s'abstenir sauf si vous êtes une jeune infirmière de province): Pourquoi ne voit-on pas émerger sur la scène médiatique (même restreinte au microcosme du rock) un groupe venant des cités?

Les réponses sont nombreuses et constituent un faisceaux d'obstacles tel que tout jeune sensé préfère s'emparer d'un stylo bic, d'un micro et boucler quelques samples pour s'exprimer.

1) L'investissement financier considérable que représente l'achat d'un matériel de groupe de rock, même bas de gamme. Pour un line up permettant de réaliser de petits concerts il faut que le groupe débourse bien plus de 1000 euros. Le prix de l'indispensable studio de répétition rajoute au marasme financier avec des dépenses régulières à 25, voire 30 euros les deux heures dans une petite salle où la sueur devient par la magie de la physique, vapeur. Le fondateur d'un groupe de rap amateur sortira des sons décents pour le quart de ce budget. La première raison est tout simplement d'ordre économique. Mais les bluesmen du sud? Ils étaient pauvre comme tout, pas une tune, pas un copeck!
Soit, mais une guitare à l'époque du début du phonographe restait un investissement solide, une source de divertissement et de distraction intarissable, inépuisable car liée à la seule volonté de son maître. Maintenant en premier sur la liste des désirs viendraient des matériels électroniques permettant une distraction rapide, des consoles de jeux, des vêtements de marque à la valeur instrumentale très importante dans les milieux plus modestes. L'échelle de valeurs et de priorité à changé dans les pays développés depuis les années 30.

2) La maitrise technique des instruments, sans avoir la prétention de devenir un virtuose, pour jouer, il faut savoir plaquer quelques accords. Pour les apprendre, de deux choses l'une: soit on se paye des cours et cela revient à accroitre la barrière financière, soir on fait l'autodidacte en apprenant avec des copains-copines qui savent en jouer. Cette conjecture n'est pas sure dans les milieux défavorisés où le fait de pratiquer des activités musicales n'est pas courant, l'accent étant mis sur les activités sportives, moins couteuses, et ayant le mérite de fatiguer l'enfant, le calmer et le laisser se défouler loin des milieux confinés. La performance sportive est plus appréciée par les pairs dans la rue, ce succès d'estime garantie aussi une sécurité, et aussi, qui sait, une source de revenus énormes si le gamin joue bien au foot. Carrière considérée comme plus rentable par les parents que la vie de bohème d'un musicien (ils ont vu ce qui était arrivé à Elton John). La vue de ce constat nous amène logiquement à une autre raison.

3) Un environnement culturel et social peu propice, comme l'a exposé Pierre Bourdieu, le comportement de l'individu en société est déterminé par ce l'on appelle "l'habitus" (ahah, très marrant de jeu de mot, bravo bande de génies). Cette notion recouvre tout l'ensemble de savoirs que l'individu a acquis durant sa jeunesse: ses connaissance, ses valeurs, son éducation, ses bonnes manières, reflets de l'éducation donnée dès le plus jeune âge, ils influent directement sur le comportement et les goûts. La majorité des enfants n'ayant jamais été exposé à de la musique rock auparavant, ils ne la connaissent pas, et ont moins de chances de l'apprécier que des enfants habitués plus tôt. Même si votre serviteur ne croit pas au déterminisme social pur (on peu toujours ressentir un choc esthétique à tout âge, une révélation). Il est vrai que si les ponts sont coupés et les gens enfermés dans un style musical de prédilection, unanimement accepté et encouragé, valorisé par la société locale, la marge de manœuvre est d'autant plus faible (haha, dédicace R&F). J'ai moi même grandi en banlieue parisienne proche, pourtant assez classe moyenne où la norme était le rap. Le premier morceau de rock contemporain entendu devait dater de mes 15 ans. Ce qui est tard dans le développement des goûts musicaux, dans un monde où les majors tentent de vous mettre tout et n'importe quoi sous le nez, et ce, le plus jeune possible.

4) Le processus d'identification aux artistes tiens lui aussi un rôle important dans le fait de getthoisser les styles musicaux. La musique et sa diffusion sociale ne tient pas seulement au fait de l'écouter, un processus d'identification liée à l'image de l'artiste s'enclenche alors. Les fans vont se comporter et tout faire pour ressembler à leurs artistes favoris. C'est de ce processus que découle en partie l'envie de créer un groupe en commençant, manque d'expérience oblige à reproduire ce qu'il connaissent déjà.
Il est vrai que la scène rock actuelle, montrant des petits blancs issue de la classe moyenne-bourgeoisie parisienne défendant des idées, des valeurs complètement différentes du monde dans lequel ils évoluent. Ils préféreront se tourner vers des rappeurs français ou américains, défendant des valeurs, des idées et un style de vie auxquels la plupart aspirent. Ils vont donc créer des groupes de rap par envie et imitation et continuer à nourrir une auto-alimentation étanche de leur famille musicale. Le processus est strictement le même pour les rockers.

5) La difficulté fonctionnelle et physique du groupe de rock. Dans les faits techniques et matériels, la fondation d'un groupe de rock en France actuellement est un vrai sacerdoce. Beaucoup de jeunes sont vite lâchés par les MJC, ennuyées par tant d'espace à céder dans leur structure pour que quelques groupes puissent jouer. Le fait d'éviter la nuisance sonore d'une batterie est une priorité pour beaucoup de mairies. D'où la nécessité en environnement urbain de se payer des heures de studio insonorisé. Le fait de transporter le matériel est lui aussi très compliqué, il implique au moins une voiture ou une bonne dose de courage et de force physique.
En bref, les emmerdes quotidiennes sont démultipliées, décourageant les plus convaincus.

Ce ne sont que les raisons principales concourant à un tel désert dans le paysage du rock et plus largement de la musique telle qu'on la connait en France. On pourrait en citer d'autres comme l'image véhiculée par les médias, le poids de l'inertie sociale et les différences culturelles entre modèles français et anglo-saxons.

Voilà, c'était la fin de ma minute CNRS, vous pouvez retourner à vos lectures habituelles, ou aller checker ça (ce qui serait un peu plus utile).

samedi 25 avril 2009

New wolf in the pack

Bon les mecs et les meufs, juste une petite ligne pour vous dire que ce modeste blog s'enorgueillit d'accueillir une nouvelle plume. Celle de Maxence.
Ce n'est pas n'importe laquelle, aiguisée, trempée dans l'urbanité lyonnaise et le rock high energy le plus pur.
J'ai longuement réfléchi aux adjectifs et épithètes que j'aurais pu lui accoler mais j'ai matière à penser que vous vous rendrez compte par vous même.
C'est à ça que l'on détecte le talent, à l'insolence quasi insupportable de l'évidence.

Bonne lecture à tous.

jeudi 23 avril 2009

Nom d'oiseau

Ok, tout le monde ou presque se reconnaît dans la mythologie stoogienne, la fratrie sonique, le rock and roll à son paroxysme, intransigeant, séminal, déployant des passions fascistes pour le groupe. Les Stooges ont ouvert la brèche électrique balayant d'un revers de wouawoua vicieuse les effluves psyché des sectes de baltringues en sandales et chemises à fleurs. Bowie avait bien compris ce qui se passait, en explorateur-suceur de génie. Dès la fin de Raw Power et alors que l'iguane barbotait dans les caniveaux et les bordels de New York après avoir réalisé l'ultime coup de l'album le plus pervers de l'histoire, c'est le grand sauvetage, la bouée de secours qui va réveiller le lézard avant que celui-ci ne s'écrase définitivement dans une spirale autodestructrice. C'est en H.P. que Bowie va venir chercher le Igg et lui proposer de commettre un dernier forfait avant l'éden berlinois: les saucisses, les squats arty et la coke en tutu japonais. C'est le point culminant d'une époque, le sommet d'une vague qui va influencer toute une génération de crêteux post-punk, batcave, électro indus en tous genres avant de s’écraser sur le marbre des rochers. De cette collaboration va naître deux trilogies (Low, Heroes et Lodger pour Bowie et The Idiot, Lust for Life et Kill City avec Williamson, que je recommande chaudement).

C'est donc un album à deux mains que nous avons là, bâti dans l'atmosphère opaque d'une ville totem comme un manifeste absolu de modernité urbaine et crasseuse. La voix d'Iggy est d'ailleurs beaucoup plus mature, spectrale, chantant comme un Sinatra d'outre tombe sous amphétamine. Le premier morceau Sister midnight pose les bases d'une rythmique robotique jazzy, les guitares en arrière-plan tissent des mirages d'architecture futuriste monolithique, s entrechoquent dans une micro symphonie de synthés orientés gore italien du début des années 70. C'est un peu la réponse clin d’oeil au Sister Morphine des Stones (Dieu que je déteste cette chanson), sauf qu'ici, c'est plus psychanalytique, tendue sur la corde sensible d'une chute vers des horizons électroniques, informatisés, impersonnels. Les S.S. en cravate ficelle de Kraftwerk et Neu! ne sont pas loin et programment déjà leur moog en révisant leur C++.
Il y a du jazz dans The Idiot, du jazz blanc de bar miteux, des lumières diffuses de clubs 70's, des ectoplasmes à iroquoise et perfecto, des couleurs violacées rendues visibles par le prisme d'une cité fantasmée ou se mêlent ironie et errance. Le très kraut (kraut codec) Nightclubbing, où il est question de déambulation nocturne sur le son de guitares furieuses n'arrive pas à se décrocher de cette rythmique synthétique de piano bar nauséabond ou se côtoient putes célestes et freaks cold wave. Tout l'album est dans cette dualité jazz/électro qui se marrie dans le minimalisme et la glace.

Funtime réintroduit l'espace d’un instant le Raw: tempo serré, solos acides, montée crescendo, effervescence métallique soutenue par un Bowie surexcité background qui donne envie de s'arracher en caisse, faire des burnouts sur le parking d'Auchan ou de faire du patin à roulettes sous la pluie ivre mort. La reverb fait très psychobilly, mais le refrain de Bowie noie le poisson dans des chœurs de zombies macrobios en manque (de sexe et de drogue, il va sans dire). Baby, s'enchaîne sur cette drague décomplexée et propose une comptine romantique ou Iggy crooner exulte d'une romance binaire claustro. La voix touche ici par sa gravité burlesque, joue au funambule sur le fil du rasoir sans jamais s'entailler, parfois jusqu'au dernier souffle du dernier cri comme sur China girl, tube stupide de Bowie qu’Iggy arrive malgré tout à façonner en drama d'hôtel de passe tendance Thaïlande un soir de vin mauvais (et dieu sait que le pinard doit être dégueulasse la bas).
Puis viens le grand hommage, la madeleine sonique noyée dans les remords ou Iggy se pose la question suivante : Où sont passés les Dum Dumb Boys. Vous l'aurez compris, il s'agit des frères Asheton dont Iggy déplore l'absence en se remémorant ses conneries passées et le O'mind de ses 22 piges. La fascination première reste intacte mais la force n'y est plus, même sous le riff marteleur typé Asheton, la maturité ayant fait son érosion. Reste juste la silhouette du monstre électrique comme une chimère d'une autre époque. Epoque qui semble s'être terni au gaz néon, aux reflets troubles des grands panneaux électriques comme ce Tiny girls – tragicomédie de comptoir au saxophone - qu'on pourrait prendre pour une chanson d'amour mais qui n'en est pas une avec son timbre de boulard proto goth.

Pour bien faire il faudrait écouter Low en parallèle , même imagerie, même fusion synthétique de boîte à rythme de magasin de jouets et d'ambiance steam seconde guerre mondiale tendance Varsovie et méchants nazis. L'influence est réciproque, quasi consanguine. Cela donc aurait plus de sens quand vient Mass Production et ses 8 minutes d'atmosphère noisy limite shoagaze, industrielle et entêtante comme pourrait l'être la rengaine d'une chaîne de montage issue de 1984 (ou toute autre anti utopie urbaine). L'iguane se mue alors en prophète new age perché annonçant l'ère décadente d'un modernisme dantesque et lobotomisé type métal hurlant et prison haute sécurité.
Et oui, The Idiot... on comprend mieux la chose à la lecture de la théorie punk applicable sans nul doute à la "bonne" musique, musique déconstruite qui se revendique du bruit pur et simple (Music is for zeros, noise noise noise is for heroes hurlaient les Damned). Un truc d'abruti en somme dont le seul intérêt se résume à la recherche d'un shoot d'énergie primale. Iggy et Bowie restant précurseurs c'est un orchestre de bruits qu'ils proposent et avec eux va la musique binaire, concrète, électronique, idiote, dont on antécèdera les genres de "post" ou de "death" mais qui finalement reste le meilleur (donc le pire) reflet de notre époque. La belle merde me direz-vous ? Demandez à Ian Curtis tiens.

Dorénavant, il faudra compter, en cette fin 77, sur le nœud de la corde du pendue, la nausée. C’est peut être ça le post punk, une gueule de bois collective, la conscience que peut être cela n'a servi à rien, que trois power chords n'auront pas changé le monde et que sur les ruines de la bacchanale est née une vision plus profonde de l'enfermement urbain. Eviter d'être ravalé par la société de spectacle, casser les structures musicales qu'on avait entamé sur des bases classiques, ne plus se référer qu'à des dimensions intimes, des mélodies organiques, des relents. Finis le grand Fuck off, il va falloir faire avec un nouveau romantisme, un nouveau lyrisme qui émerge et qui déjà fait pousser des mèches sur les cranes rasés et des gabardines feutrées sur les cuirs tachées à la bière. La fête est terminée, les parents sont de retour dans la baraque, cachez vite les culs de joints et les packs de 8-6, planquez sous le lit les vinyles des ramones et réveillez les derniers mecs en t-shirt fendus jusqu'au nombril qui cuvent dans la baignoire. C’est fini les conneries! Remarquez la cuite était bonne, le lendemain va être difficile.

Maxence

vendredi 17 avril 2009

Nuit Blanche

Vendredi 17 avril : Je viens de louper mon train. Un petit Eurostar qui m'aurait ramené à Londres bien vite et sans encombres.
Mais voilà, je ne me suis pas réveillé à temps et je l'ai loupé, comme un connard.
Donc me voici de retour, dans ma garçonnière parisienne, seul, et je fais le bilan.
Un avenir professionnel pour le moins incertain, un goût naturel pour le stupre et la facilité crasse toujours aussi prononcé, et une vie sentimentale à la dérive (et encore c'est un doux euphémisme). Devant un monceau de ce genre de nouvelles réjouissantes je fais habituellement trois choses:

1) Je me bourre la tronche avec des bons vins de terroir (ce soir c'est fête: Sancerre + Mâcon Village, les deux de grande qualité, s'il vous plaît).

2) J'écris une poésie, de préférence en alexandrins, dans un style bien pesant:

Que sont ces infinis que les étoiles renferment ?
Ces multitudes qui chagrinent l'âme humaine
Oui, j'ai bien cru ce soir les avoir aperçu
Dans leur douceur et la vérité la plus nue

Mais déjà ces vers me paraissent ineptes et morts
Et meurent dans mon esprit tandis que je m'endors
Dans une douce nuit et ses exquis parfums
Qui m'amènera encore trop vite à demain

Car pour la nuit entière, mademoiselle vous êtes mienne
Et la lune pâlit car je suis infidèle

3) En dernier lieu j'écris une chronique rock de qualité moyenne sur un album FM, commercial, et donc sous évalué, que des gens trop satisfait de leur vie ont pu auparavant démolir.
Les Donnas arrivent donc à pic pour me sortir du spleen. Je ne vous ferais pas l'injure, lecteur fidèle, de revenir sur mon coté fanboy absolu de ce groupe californien, le plus éhontément sexué depuis les Runaways. Je n'ai pas dit sexuel bien que Brett Anderson ait toutes mes faveurs (c'est dans ce genre de moment qu'on aurait bien tous aimé être Louis XIV pour une nuit, monarchistes ou pas).

* Interlude TV: Pub pour la Marine Nationale, ces mecs ont l'air de s'éclater, ça contraste avec le "Sans aucun doute" qui débarque après. Pourquoi tous les maris escrocs à la succession ont un accent marseillais, même après brouillage vocal? *

Bref, revenons à la musique, adolescente, pure, rock de pétroleuses, qui vous donne envie d'acheter beaucoup de gallons d'essence au prix de détail. Assez pour faire le plein d'une Chevy et aller faire un tour du coté de la baie, la seule, l'unique.
Tournez les clefs, laissez le V8 ronronner nonchalamment sous votre coupe, plongez une dernière fois les yeux dans le décolleté de votre passagère, il fleure le gloss framboise et le bubble gum tutti frutti.
Nous sommes prêts à passer la nuit entière, le vent dans les cheveux et la radio à fond.

Et bordel, ça commence vachement mal, la passagère veut passer prendre ses copines "It's On The Rocks" ça sent à plein nez le plan loose, à passer pour le chauffeur de service. La voiture avance aussi lentement que les coups de cowbell, heureusement qu'ils sont jouissifs. De toute manière, ces filles ne croient pas à l'amour "Love's like a car crash ...", c'est pour ça que chaque seconde, le kid en vous se sent plus amoureux. Tellement en chien que cette chanson dure et rêche pourrais vous faire faire l'amour à un mur de béton.
Le larsen reste en suspend quelques secondes pour vous faucher avant le prochain feu rouge, avec un "Uh ! " de la chanteuse noyé dans une mer de charley, la guitare se tend, rigide et compacte, la perche qui vous sors de l'eau, avant de vous refaire boire la tasse sur un solo incroyable. La chanteuse, encore humide vous demande de tout tomber. C'était "Take It Off".
Quelle soirée, maintenant elles vous pressentent pour les ramener chez elles, la porte est ouverte, c'est un uppercut dans le bide, elles vous ignorent et font la loi, règlent leurs comptes avec des connards qui ruinent la party "Who Invited You?". Les chœurs coups de pieds et les filtres de saturation rendent bien la cène. Ces filles s'occupent de vous et c'est votre dernier repas, accompagné par une basse oppressante et une guitare encore plus américaine que Charlton Heston pendant un meeting de la NRA.
Mais forcement la soirée se termine mal "All Messed Up" (et quelques chose nous dit que ce n'est pas à cause des coca light comment elles nous le disent). Les avances éhontément graveleuses ne peuvent que nous charmer "Pourquoi ne sautes-tu pas dans mon lit?". Flash and thunder, juste le temps de se souvenir du dernier film de boule qu'on a vu avant de sauter dans pieu, comme dans le train en marche. Un vrai hold up sentimental. Les performances vocales de la chanteuse, à la voix chaude, lascive et suave vous laisse plus que rêveur. C'est juste Bettie Page 2.0 au micro.
On passera vite sur "Dity Denim", même sir les chœurs en colères sont sympa, avouons-le les gueules de bois ne sont jamais brillantes, toute wonder woman que vous puissiez être.
Le ton est plus drôle quand ces demoiselles règlent leur comptes, ce côté catch dans la boue est des plus charmant sur "You Wanna Get Me High". Une sombre histoire de bellâtre de high school qui essaye après des années de moqueries et de quolibets de se taper une des filles maintenant dans le coup. La mi chanson débarque sur fond de ride un solo-tapping du feu de dieu, Thor lui même tordant des éclairs à coup de Gibson Junior (oula, ça va plaire à quelqu'un ça).

Fait cocasse: la chanson suivante est exactement l'opposé, (surement un clein d'oeil à la dualité de l'âme humaine, concept cher à Matthew Modine) la chanteuse se prend un râteau cash et se relève en deux secondes chrono. On se demande d'abord quel crétin a osé decliner l'offre et d'où ces filles tirent leur force : "I Don't Care (So There)". Perso, les râteaux, plus ou moins directs m'ont toujours valu plusieurs mois de prostration confinant à l'autisme.
Là on revient à la maison avec une chanson parlant de fête (eh oui, encore!), mais nous tombons nez à nez avec le morceau le plus riche de l'album "Pass It Around", solos interminables, reprises à la dérive abracadabrantes, chœurs scandés et chantés, apartés parlés, slapping de basse-ponctuation et gros tambourin. Un millefeuille si complexe et si beau de sauvagerie que les filles n'ont jamais osé jouer en live. C'est d'ailleurs le seul point faible de l'album (hormis la récurrence des mêmes thèmes, mais on ne l'a jamais reproché à AC/DC, c'est pour ça qu'on aime!).
Même si la production est carrée et bien léchée, elle l'est des fois un peu trop, et cet écrin précieux fait pâlir les chansons lives, même si ces demoiselles sont des routières forcenée des circuits indés, capables d'abattre autant de barrés seconde que Johnny Ramone.
On retrouve une bulle de fraicheur avec "Too Bad about your girl" au clip assez drôle (devenu introuvable sur youtube) mais là n'est pas important.
La production est plus originale et plus disco pop, les couplets sont plus posés, même si les refrains cognent, on touche là à quelque chose de d'assez novateur, comme du Blondie côte Ouest de l'an 2000. Les chœurs en canon à 1:25 sont justes ahurissants. Les efforts payent toujours comme dirait Juppé.
"Not The One" est a ranger avec leurs autres chansons-râteau, assez dégradantes pour mon orgueil de mâle. Je passe éhontément.

La piste suivante est beaucoup plus intéressante, sans attaque multi instrumentale fracassante d'entrée. L'introduction de "Please Don't Tease" se met en place doucement et en bon ordre guitare - batterie - basse alternant riffs, temps mort et charley. Brett se torture la voix, qui fluctue et se dédouble.
Maya Ford à la basse abat le bois avec une basse gironde, casi groovy. La gratte s'arrête et repart, se ménage des pauses, laisse la place aux handclaps et à une jolie cloche ride bien polie. Brett reprend le lead: "Baby please, I'm getting down on my knees". Quand elles s'y mettent, nos filles savent y faire. La nuance peut aussi être leur truc.
"Take Me To The Backseat" est un appel en règle au sévère tripotage et au roulage de patins hors piste.
Oui, la banquette arrière de la voiture de papa, ce lieu magique sentant la sueur, le slushy fraise, le plastique Valéo et la peau de chamois où tant de jeunes américains ont fait leur apprentissage charnel.
L'album se termine en beauté, avec une Brett impériale, toutes amygdales dehors. Lla section rythmique est aussi bien rivetée qu'un B 52 et porte la guitare d'Allison vers Un Annapurna d'environ 4 minutes (la chanson la plus longue de l'album). L'accord voix- guitare est particulièrement bien organisé, alternant modulations et pics réciproques. Cela fait plaisir de voir des collègues qui s'écoutent et se connaissant depuis si longtemps. "5 O'ClockIn The Morning", se finit au petit matin, comme les dernières heures de la nuit qui s'évanouissent avec la basse serpent de Maya Ford.
Les filles sont reparties aussi vite qu'elles étaient venues, laissant tout le monde en état de choc, les tympans crevés et les yeux luisant de gratitude. Vivement le week end prochain.

L'album est terminé, et on est bien content, pas que la musique s'arrête, non, loin de là.
On est juste satisfait d'avoir écouté un très bon album. Car, après tout, c'est un peu ça un album FM, c'est se payer le luxe de ne pas réfléchir, pour une fois.



PS: Le titre de l'album "Spend The Night" est à ne pas confondre avec le jeux en ligne Spend the Night qui est le théâtre de rencontres virtuelles "érotiques et sentimentales", destiné plus spécialement au public féminin. Spend a Night se veut le premier MMOG romantique pour adulte. Tout un programme...légèrement différent que celui que nous venons de traiter et que l'auteur aura jugé bon de préciser.

lundi 2 mars 2009

Les derniers libertins

C'est bon? la poussière est-elle retombée? Les vautours sont-ils repus? Les cadavres un peu moins tièdes ?
Le curé hypocrite a fini son oraison funèbre dithyrambique , comme d'habitude et les paroissiens sont repartis, un peu déçus, avec un goût de cendres et de formol dans la bouche.

Il est enfin temps, mes amis de se pencher sur l'épitaphe, encore frais sur la pierre tombale.
Cet épitaphe, c'est tout simplement "Up The Bracket", portant en bandoulière les émeutes argentines (c'est simple, elles arrivent tous les quatre ans, comme la coupe du monde de football, elles sont suivies avec tout autant de ferveur par la foule en délire, remplacez les rencontres de niveau international par un scandale financier liant des politiciens verreux ou alors la énième dévaluation du pesos et vous aurez le tableau complet).
C'est considérations politico économiques passées nous allons pouvoir nous pencher, avec l'amour alcoolisé du fossoyeur sur ce fameux tombeau.

Que renferme-t-il? Une dépouille pourrissante? Quelques joyaux ternis et désuets? Ou la raison de l'état de décrépitude (physique et musicale) avancée de notre ami Peter Doherty?

Ce sont les questions auxquelles nous allons tenter de répondre. Laissez moi juste le temps de prendre un cachet de Vicodin avec une lampée de Vodka pour me mettre dans le bain, furieux et vaporeux de cet album.
J'en profiterais pour oublier aussi tout le mal qu'on dit les principaux intéresses par la critique précédente sur les Libertines.

Car oui, à l'époque nous étions en 2001, et en 2001, il n'y avait aucune odyssée en vue, et en guise de voitures volantes, juste quelques avions qui rentraient dans des tours, sans tuer un seul des Strokes.
Mais là n'est pas le débat, surtout après une demi bouteille de Gamay supplémentaire, mes compétences en termes de géopolitique deviennent plus qu'approximatives.

Parlons musique à présent. La foudre tombe du ciel d'entrée avec "Vertigo", une petite comptine électrique buzzante, douce,du genre que l'on hume en se balladant dans les rues de Londres, les soirs où il fait froid et ou l'air tiède sort des lourdes portes à battant des pubs et des bookies. C'est de ça qu'il s'agit, de nuit et de canailles, d'une pauvre pute, Koreema qui fait le trottoir et ne sait pas ce qu'il passe et eux, sont là. Montent avec elle et se barrent dans les escaliers en riant se poussant dans les poubelles, accrochés au dessus du vide. Ils ne savent pas où ils vont, suivent leurs guitares et s'évanouissent avec le dernier bus de nuit.
Mais ces petits cons se réveillent le lendemain sur "Death On The Stairs", romantiques en diable, parlant de sentiments et de rires. On la sent la patte du producteur - Clash Mick Jones, les solos de guitare rachitiques et les chœurs sucrés. Aussi doux que ces historiettes diaphanes.
Ne nous laissons pas berner, même Si Carl Barât, Peter Doherty, John Hassall et Gary Powell paraissent être de jeunes garçons charmants, ils peuvent retrouver à tout moment la voix rauque du hooligan de Old Trafford. Les guitares des deux frontmen peuvent aussi sonner comme un mur de tronçonneuses sur la chanson bien nommée "Horrorshow".

Cette formation n'est plus un groupe, c'est un monstre, un Dr Jekyll et Mr Hyde qui se cache, se grime et redevient sage. Une tranche d'Angleterre ancienne, un royaume que nos compères on décidé d'appeler Arcadie, où tout serait beau et poétique et le Earl Grey servi à 5 heures sharp.
La preuve en est sur "Time For Heroes".Cette chanson parle d'émeutes et de gosses bien sapés défiant les flammes et la nuit, des gavroches des temps modernes, amoureux de la cause et prêts à mourir pour elle. C'est dire qu'ils sautillent entre les corps et les cailloux nos amis, aussi nonchalants que leurs parties de guitares et déboulonnés comme leur batterie (fait assez rare pour être souligné ici). Et tout ça pour finir par terre, la faute à Thatcher.
Plusieurs siècles ont passé et les muses s'appellent à présent des groupies, au combien dévouées, mais si peu distinguées. Qui se dévoue pour guider les pauvres égarées? Peter et Carl, les "Boys In The Band", les chœurs et les canons de répondent, entre deux ratures de guitare acides virevoltantes.
La leçon donnée, nos compères se recouchent et se posent, ralentissent le tempo et grattent la sèche comme grand papa. En sort une amourette trash 1900, "Radio America" romantique et romanesque, chantée par Oscar Wilde lui même. Un ange passe.

Pour s'écraser en flammes quelques minutes plus loin, la batterie de Mr Powell sonne toujours comme une boite de Mont d'Or, on dirait celle des Red Hot. Les guitares tapent dans le bide fort, comme des chavs en hoodie, les voix sont distordues. Les chanteurs hurlent comme le personnage de la chanson, un petit gars qui se brûle les ailes auprès de caïds locaux, pour finalement finir droit et raide devant un convenience store glauque.
Le pouls se recalme, les chansons de cet album sont superposées douce et dures, un bout de brique du sussex après chaque gousse de vanille. C'est une montagne russe mentale.
"Tell The King" arrive sec mais trompe son monde, point de revendications ici, on est toujours chez Peter et Carl au pays des merveilles. De plus, la chose est dite clairement, ces loyaux sujets s'imaginent un roi en lieu et place du sympa, mais mou, et toujours deux pas derrière sa femme prince consort.
On s'attardera ici sur les mélodies chantées, touchantes et simplissimes. A la troisième minute on se croirait dans du Nerval, au milieu de ruines chantées par les fils des Beatles (période album blanc bien sur). Les hauts le cœur soniques continuent, le cirque est loin d'être terminé.
Nos semelles anglaises quittent la mousse des sous bois et foulent le parquet laqué d'un pub, pour retomber à pieds joints entre une partie de fléchettes, une tournée de Lager et une partie de billard. Le titre proverbial "The Boy Looked At Johnny", une putain de chanson, débaroulant à 100 à l'heure, la bouche pâteuse et les guitares délivrant une gigue folle. Une anecdote de pilier de comptoir spontanée sacrément rock and roll du meilleur ton.

Conformément au schéma de montagne russe mentale précédemment exposé, la piste d'après redémarre lentement. "Begging" commence donc par une batterie solitaire et autiste enregistrée dans des chiottes de pygmée, avant que les instruments ne se mêlent à la partie. La chanson démarre véritablement à mi parcours pour vous déverser un flot électrique, la bande et à genou et implore l'auditeur de leurs voix de gosses.
La chanson suivante annonce une petite modification avec une intro groovy trompeuse, ciselée par John Hassal (décidément, la section rythmique est la plus réglo de la bande). Les zozos de frontmen ont la place pour caser leurs voix et leurs petits arpèges qui mutent et se transforment en accords mélancoliques. Après tout, ce sont leurs "Good Old Days", mélange de tendresse et de blagues de gamins.

Alors la les amis, l'affaire repart, et nous tombe dessus comme un missile Taepodong 2 nord coréen: un grand froufroutement dans le ciel, un tapotement de moteurs et le feu nucléaire communiste d'un autre âge vous vitrifie sur place. La seule chose qui reste de vous est vote ombre imprimée sur le macadam. Peter nous chante que le diable est de son coté, pour le coup il doit être dans sa guitare (qui est le petit malin qui a dit dans son slip?) et on veut bien le croire.
Bon, ben je vais commenter à présent les bonus (les pauvres qui ont le pressage à 12 pistes vous pouvez vous casser et enfin arrêter de reporter ce rendez vous avec votre conseiller carrière de l'agence pour l'emploi la plus proche, tout ça pour lire ce blog de merde).
Oulà ça soulage. Trop de vin. Perte de contrôle éditorial de ma part, je m'en fous, je le laisserais même à la relecture.

Un verre de vin plus loin, un verre de trop: *switch Godard* Mais faut l'dynamiter ce putain de rythme textuel et syntaxique, vas y, innove, écrit comme tu l'sens, caméra à l'épaule, à bout d'soufle quoi, c'est la vie qui se déroule là.
"Waister", c'est d'abord le western sur les bords de la Tamise, c'est un accord qui commence, qui sort d'on ne sait où, puis le pouls se durcit et s'accélère. C'est la ville mon gars, les gosses dans les squats et le gachis. Les violons 1920 distordus, dramatiques, ces crincrins pleurnichards, ce sont vos coeurs, mes amis, rouges et romantiques. Ceux que les libertines titillent allègrement.
Ce moment de déchirure émotionnelle se termine comme il a débuté, avec un buzz de jack bizarre.
La dernière chanson, un petit intermède acoustique tout droit sorti des plans transition de Friends se transforme en chant égosillé de pochetron qui finit sous la table. Touchant ou pathétique, on ne sait plus très bien, mais simple et sans chichis, ça, on en est certain.

Voilà, le roi et sa cour sont passés, les libertins jugés, dispersés et condamnés. La foule prendra plaisir à voir leurs têtes se balader au bout d'un pic. Nous nous consolerons avec cet album et nous lirons leur poésie. En s'extasiant devant la beauté de leurs ratures, comme des Salieris de bas étage.

vendredi 13 février 2009

Let the kids dig this

Very often in this blog when I speak about very famous and well known bands I feel like I'm giving away my savings to Bill Gates.
It's like adding some sand to the Sahara or put a small rock on the pyramids in Egypt like many stupid tourists do.
This is pointless: Bill Gates has already shitloads of money and doesn't give a flying fuck about your loosy
€ 1654,89, the sahara doesn't give a shit neither, everybody knows there is plenty of sand over there and nobody will notice your silly contribution.
And for the tourists, well, they should apologize to the souls of the thousands slaves that died building the pyramids for imagining one single second that those dumbass easyjets riders can play in the same league.


These metaphores define perfectly the kind of mixed feelings I go through while writing about universaly recognized and loved rockstars.
But when I'm writing about the Brian Jonestown Massacre (get this movie..now!) I feel exactly the opposite way, it's like giving the rest of your lunch money to a lost brilliant alcoholic and junkie bum from your neighbourhood who is so cool you wish he was your grandbrother, even if he stinks.
This guys doesn't care about you neither, but you know he will think about your for a second, counting his money to buy some can of crappy beer.

Sometimes, the bum plays some music, and something like Strung Out in Heaven comes out.
Something he calls "superior greatness", anyway, let's just call it an album.

A rocky ballad takes you directly out on the road, "Going to Hell" is a sweet rocky shaky little tune, gathering all the BJM basics: a skinny guitar, a raging tambourine and a psycheledic key board.
Switch on the engine, let the warm wind blow in your hair, let the dust stick on your shades and just enjoy the desert.
Only listening to the intro, ya can imagine what the Rolling Stones could have sound like if they were born in the 70s and if they were american.
The nest song is totally different, with "Let's Pretend It's Summer" the sun of the american dusty highways has vanished and all you face is the depressing winter grey sky.
The 80's videogames alike orgamon dominates the entire song, funny for a song whose lyrics celebrates pleasures, seasides, laughters and happiness. It's like feeling the wintertime sun on your face, your nose is cold, but it feels alright. Joy and happiness has no season, after all.
"Wasting Away", opening with a shaking harmonica part is one of the only tune featuring some social and society consideration, where Anton is asking himself about how youth is corrupted by school and turned into robots. And what about teachers? Well, according to him, it's not even their fault.

The band's immoderate taste for retro 60's psychedelic music is perfectly illustrated by "Jennifer", a small irreal love song led by some brilliant harmonies and a beautiful doubled voice.
You can easily hear at the end of the sentences where Jack White took his particular "country love" voicetone.
The next tune is much more into the BJM classics in terms of sound, rythm and structure, a bored fan could use the adjective "conventional", but as an hardcore fan I'd go for "classic", because of the women backup singers and the crippled piano. By the way, the title was "Got My Eye On You".
Let's continue with the choral songs starring "Nothing To Lose" and its multi vocal harmonies exposing some very interesting personal statements like "but Jesus wouldn't walk in your shoes,
because you're so fucking stupid got nothing to use".

People are pretty much used of seeing Anton Newcombe going mad on stage, but recorded testimonials of angryness are quite unusual. The fact opposites attract is very true when you listen to the well titled "Love", which is about love that is, after all surrounding you, everywhere you go, a topic reminding you that this band is one of the greatest 60s revivalist bands ever.
"Maybe Tomorrow" and his slow melancholy will come with its sweet lonely and sad guitar pattern, maybe this Anton is just a little punished kid standing in the corner of the room. He just wants to play with the others kids, you, me perhaps ?
The guitar and its special reverbered echo still serves a cajolating and nice song, like if he was trying to give to his little sister a consolating hug: "This boy has shit for brain, you're my sunshine...".
When the backup psychedelic keybords takes the lead helped with some violon and trumpets, nobody can deny the very descent and original Psychedelic garage symphony orchestra approach of the band. Anton Newcombe (him again) being able to play more thant 80 different instruments.
Sometimes the songs can turn into strange irish settler balad tone "I've Been Waiting", a slow raging guitar appearing only at the end of the tune.
"Dawn", a short contemplative song about a girl seen in a dream, will leave you speechless in front the amount of love you can find in this tough heroin cookie.

The great final of the album are, without any doubt plausible "Lantern", a song about freedom and happy achievements that can guide you during your entire life. The soft melody and the smooth voice, the ever carefree guitar with its melancholic tone is a good piece of postmodern American music.
The second masterpiece of the album is also the very last song "Wisdom" and its disrupted weird stoner chords is showing us a total original creative insight, bringing some old new, or some new old on stage.

To be honest my friends, I really don't know what to say apart the fact that this band is my early year crush. That's simple.
No band has ever mixed so well absolute crap and sparks of true genius and spontaneous intelligence. (check when Jeff Davies is Bugging at 4:15, and when he feels really alone at 1:16 in the second video).
Where the hell was I in 1995, oh, hold on, I was 8. I'm 21 now.

Better late than never right? Nobody punched me, so I guess I'm clear.

lundi 26 janvier 2009

Rock and roll in your daily life (part 7)


Have you ever wondered where the first electric sound ever created was coming from?

What was the king of magic thing that was, indeed, able to synthethisze a sound from a simple beam of electricity.

Well, here it is. I guess that this Bremen electric street device is pretty much approaching this kind of pure and raw essence.

This is a wonderful piece of human history. And everyday, random dogs can pee on it, and don't ever mind doing so.

This is maybe why we are better than them (i.e. ruling the world, fighting for oil rather than bones).