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mardi 13 octobre 2009

Thank you, come again !

L'inde occupe une place à part dans le panthéon des imaginaires du rock.
De la période indienne d'Harrison à la grande utopie Woodstock, on a souvent lié ce pays au mouvement prog' et hippie, joints chargés, patchouli et atonie à tous les étages. Des hordes d'occidentaux partirent pour Pushkar et son lac sacré, certains sont restés et sévissent toujours, en peignant sur des serviettes éponges d'atroces champignons hallucinogènes hilares fluorescents faisant la ronde.
Vous l'aurez compris, ils se trompent. Les Indiens se foutent royalement de toute notion de musique rock.
Je revois encore Kooldip (aussi sympa en vrai que son prénom) faire une petite moue embarrassée sur les plus grands titres des Beatles et jubilant la seconde d'après sur une espèce de merde RNB indienne suraiguë saturée de vocodeurs et de violons électriques.
Autant le dire tout de suite: J'ai compris que le rock hindou était une douce illusion occidentale entretenue par Ravi Shankar, feu Georges Harrison et Anton Newcombe. Tous d'excellents musiciens mais déformant allègrement la réalité (n'est-ce pas d'ailleurs pour cela qu'on les aime autant?).
Il manquait une synthèse, un curry adouci, un tandoori délayé dans un peu de crème fraîche au milieu de cette violence auditive.
C'est heureusement chose faite avec Cornershop (ou l'épicier du coin pour les non anglophones), un groupe monté par deux anglais d'origine indienne. Leur démarche, aussi complexe et variée que drôle (imaginez un rappeur choisir pour blaze "L'arabe du coin de la rue"...). Dans cette formation, les frères Singh s'adjoignent deux autres anglais pour touiller ensemble rock, musique indienne traditionnelle, musique électronique, et parfois RNB tendance vieille soul.


N'ayons pas peur des mots, l'album ouvre en trombe avec une charge aussi choquante que monumentale et bien exécutée, elle a pour nom "Who Fingered Rock'n'Roll". Les cithares aussi fainéantes qu'acérées soutenant un chanteur moderne sur un fond de guitares coupantes outrageusement 60s couplé avec des cœurs évadés d'un double album d'AC/DC, tout est juste irréel.
Le clip est un petit chef d'œuvre à lui tout seul, merci Claude.
Le deuxième morceau, s'ouvre avec autant de facilité et de joie de vivre que le premier rot d'un nouveau né. Ce titre nous embarqué vers un univers pop pscyhé accessible.
Un asile qui n'est pas situé dans la chasse gardée des stoners. Un vrai moment d'hindi pop (aha indie pop...ok) relax et décontracté. Le genre que l'on ressent sur le chemin de l'école par beau temps, les frères Singh vont à la "Soul School", la meilleure, celle où une interro surprise ne vous attend jamais.
Place à présent à ce que l'on pourrait qualifier d'interlude, "Half Brick", la naissance de l'interlude soul-funk tribute, du jamais entendu, à part sur quelque chanson oubliée de Pepe Deluxe.

Place maintenant à la chanson éponyme de l'album, "Judy Sucks A Lemon For Breakfast".
Un titre, qui, rien qu'à la lecture est vecteur de nombreuses promesses délicieusement implicites.
Ne laissez surtout pas votre imagination lubrique prendre le contrôle et penchons nous sur le cas de cette chanson. Une œuvre magnifiquement et délicatement ouvragée où se mêlent toutes sortes d'instruments clarinettes, violons, percussions, grandes harmonies vocales, trompettes,guitares dans une farandole aussi fine qu'équilibrée.
La chose est loin de l'ambiance bal musette Benabaresque que l'on pourrait s'imaginer.
C'est dans ce genre de moment que la pop anglaise habile évite les écueils de notre nation dérivant vite vers la Bourrée Berrichonne.
La ligne de basse gironde et les aiguillions électriques divers ont vraiment tout pour flatter nos oreilles fatiguées. Puis ce texte, que veut-il dire ? Quel est ce citron qu'elle suce au petit déjeuner, quand Jojo boit tout le jus du matin? Mystère.

A rajouter dans les inclassables de cet album "Shut Southwall Down", qui est une sorte de medley dance indianisant reprenant une conversation téléphonique en espagnol dans le texte.
L'influence indienne se fait plus évidente sur les mélodies décalées et ternaires de "Free Love". Chantée en dialecte local (avec le phrasé bouleversant du jeune premier de Bollywood, tous ces Deepaks, Dickeshs et autres Ravis chantant sur le toit des trains ou tout simplement dans l'espace) sur fond de violons et cithares.
Bonne chance pour comprendre le fond du texte, si vous n'habitez pas le quartier de la Chapelle ou si vous ne sortez pas de langues O'.
La magie opère sur "The Roll Off Characteristics (Of History In The Making)", les trombones tous droit sortis de Sergent Pepper ouvrent le bal aidés de cithares et de piano.
La chanson est constamment saupoudrée de petits riffs se mélangeant aux instruments avec virtuosité. La basse charpente tout le morceau et ajoute encore au joyeux et adroit bordel (dieu, ce piano!).
Sans aucun doute, ce groupe appartient bel et bien à une école mélodique anglaise de haute tradition (comme certaines bières d'abbaye).

Les musiciens ne perdent pas la main avec "Operation Push", une chanson si cool qu'on la croirait échappée d'une BO de Shrek ou d'un film de Judd Apatow. Les tresses d'instruments divers se mêlent aux discours de pasteurs évangélistes, on ne sait plus d'où sortent tous ces petits chocs et ces buzzements, cette montagne de micros sons. Les fab four évoqués dans le texte ne sont vraiment pas loin.
"The MIghty Queen" commence de manière plus traditionnelle, on sent que T-Rex n'est situé qu'à quelques décibels au dessus. Voilà du bon pop rock, pas le genre de daube qui traine sur OUI FM.
La piste suivante "The Constant Springs" est une envoutante mélopée vintage, elle débute sur le même riff que "In The Streets" de Big Star.
Ce titre sonne comme qui si vous jouiez à Pong sur votre Commodore, muzak à fond, en calbut' les pieds posés sur votre table basse en formica, un pétard aux lèvres le dimanche matin. Et oui, le bonheur tient à peu de choses.
La chanson suivante s'apparente déjà plus à la pop indienne jouée sur les transistors saturés et suraigus des bouges de Delhi et de Bombay. Les instruments tintinnabulent et les mambos tapent sur "Chamchu" (wtf).
Le folklore indien ne nous quitte pas non plus sur The Turned On Truth (The Truth Is Turned On), il rejoint même des cœurs soul tout de velours vêtus. Un peu plus et on se croirait au Live 8. Le signe que ce combo ouvert à tous les sons est fan de musique noire.
Les cathédrales d'harmonium et de claviers sont tout bonnement affolantes, se déploient et se déroulent comme par magie, un peu à l'image de ces économiseurs d'écrans à formes 3D multicolores qui rendent fous passé quelques secondes d'exposition oculaire.

Oui, c'est cela que nous Livre Cornershop, le psychédélisme du quotidien.
Ces jolies petites choses, si infimes et décalées, qu'elles charment autant qu'on les oublie en un seul éclair. Charge à vous, chers lecteurs, d'en garder le souvenir ému.

vendredi 21 août 2009

Rock and Roll in your daily life (part 8)


Beaucoup d'aficionados du Brian Jonestown Massacre savent déjà qu'arriver à comprendre le titre de certaines chansons cryptiques du aussi talentueux qu'allumé Anton Newcombe relève le plus souvent de la gageure.Il savent aussi que leur quête pour la révélation de la vérité les entrainera vers des paysages aussi exotiques que Mysterieux.
Pour ma part, un de leur titres appellé sobrement "Servo" est l'un de mes préférrés.
Mon esprit, complètement envouté par la magie de ces quelques minutes de musique se laissait bercer par des idéees aussi farfelues qu'oniriques. Parle-t-on ici du mental et de l'intellect humain, abrité par un servo déjanté? Est-ce une ôde aux servo-moteurs des fusées, capables de nous propulser vers les confins de la galaxie?

Je vous laisse imagner ma surprise lorsqu'en faisant une pause dans une station service Rajastani, je découvris que Servo était bêtement une marque de lubrifiant pour moteurs indienne. Un pays fort prisé par le sieur Tony. Quand on découvre la bête verité, simple, bien éloignée de toute révélation transcendantalo-mystique, on peut appeler cela...oui, une leçon d'humilité.

Maintenant un groupe de punk français et un groupe de rap anglo-saxon peuvent s'arranger pour négocier un contrat de sponsoring capitalisant sur le nom fort à propos de leur formation.

"Hey man, I'm big in India"

jeudi 24 juillet 2008

Quand j'entends siffler le train...(part 4)

Oulalà, on dirait que ce blog (soit disant rock’n’roll) se transforme lentement et sournoisement en annexe de La Vie du Rail, garnie de moult commentaires détaillés, de belles images (admirez tout de même le grain résolument 80s de celle ci) et d'un édito en bon et due forme illustré d’une photo du rédacteur en chef luisant et lunetteux et se terminant par une perle telle que l’expression « ferroviairement vôtre ».
Ah, merveilleux monde des hobbies.

Non, chers lecteurs, rassurez vous, ce ne sont que ce que l’on appelle dans le jargon journalistique des « marronniers de l’été », ce genre de sujet de saison récurrent et rébarbatif dont tout le monde se fiche, mais qui font bien dans le bruit de fond médiatique estival.
En somme, les sujets qui traitent de la sécheresse record dans le Larzac, de la pluie en Bretagne et de la récolte des citrons en Corse.
Avec un peu de chance, si vous regardez le 13H de Jean Pierre Pernod, vous pourrez vous délecter comme moi à chaque fin de sujet d’un commentaire satisfait et parfois pontifiant de notre homme tronc favori du genre : « Une bien belle région en effet » ou alors « Une saison bien charmante ».

Enfin, revenons à ce qui nous intéresse, notre marronnier sonique.
On aura beau dire, même mes aveux de médiocrité assumée ont de la tronche

Bon, bon alors la 2nde classe du TGV, Le Creusot – Paris, Il faut dire que l’ambiance du train de 22h30 ne prête pas franchement à la rigolade.
Je vous vois venir bande de petits soupes au lait, la 2nde classe ne serait qu’un horrible trou à rats ouverts à tous les vents ?
Je suis vraiment désolé de décevoir le Emile Zola qui sommeille en chacun de vous mais non, pas du tout, certes, la moquette est moins épaisse, le design moins agréable, les fauteuils moins cosy et les matières moins cossues. Mais l'isolation est strictement la même qu'en 1ere.

Les seuls dérangements acoustiques se font au niveau de l’espace passager qui, il faut le dire, est assez remuant, entre la tripotée de marmaille qui (comme en première classe) déboule dans les couloirs (les enfants sont des fois plus égaux que les hommes) et l’espèce de douchebag
[Désolé pour cet odieux anglicisme, mais là le rapport signifiant - signifiant est trop évident dans mon cerveau de citoyen du monde totalement dénaturé pour que je puisse me résoudre à utiliser un autre mot bien français. Il serait d’ailleurs proche de blaireau, mimile, croisé avec sac à merde : la merveilleuse simplicité et précision du vocabulaire et de la syntaxe anglo saxonne m’en laisse pantois] qui s’évertue à frimer lamentablement avec mon PC portable et son disque dur externe, (comme si on avait pas déjà maté ses horribles chaussettes grises) regardant des bouts de long métrages magnifiques dans le désordre le plus total et, cerise sur le gâteau, renversant de la bière sur sont obèse et taciturne voisin.

Donc je mettrai une note inférieure à la première classe, là on est à mi chemin entre le quasi parfait et le niveau de bruit entretenu à l’intérieur d’un bus de province.
Ajouté à ça aussi ce rayé bleu lagon et jaune pipi, sans même évoquer ces horribles têtières en simili cuir gris, graissées par les cheveux des gentils passagers précédents.
Le bureau de style de la SNCF aurait quand même pu opter pour une couleur unie, afin de ne pas blesser les yeux et la surtout dignité de ses clients ou usagers (selon votre bord politique).

« Regardez, moi je suis un pauvre, je fais mon trajet dans le mauvais goût et le ridicule, je suis une merde, pardon. »

Je sais, je suis snob, enfin des fois mais bon Luchini ne vend pas de vent (oulala esprit de Philippe Bouvard sors de mon cops) dans ses pubs radios.
Clamer que la 1ere classe du train est meilleure que la 2nde …ce blog atteint des sommets de contestation anticonformiste dérangeante et de provocation gratuite impertinente.

Mais ce n’est qu’un marronnier de l’été, après tout.

mardi 15 juillet 2008

Quand j'entends siffler le train...(part 3)

Aha! Les vacances, c'est l'heure de se précipiter... au Creusot, la Silicon Valley bourguignonne.
Mais malgré la pratique de hobbies aussi prenants et onéreux qu' exclusifs je ne vous délaisse pas amis lecteurs.
Comment? Eh bien en chroniquant les vertus acoustiques de diverses rames de chemin de fer à disposition des client, ou usagers (selon votre bord politique) vivant sur le sol français.

Et, mes amis, votre serviteur s’embourgeoise, car nous passons d’une chronique sonique à l’autre du RER à la première classe feutrée du TGV Duplex. Je vous rassure (comme si la pauvreté était un critère de légitimité rock, comme tout le monde le sait aujourd’hui les vrais pauvres n’écoutent pas de rock, mis à part les punks à chien, mais eux ils font exprès de l’être), les places de premières étaient bêtement bien moins chères.

Alors voilà, je m’installe dans un de ces larges fauteuils bordeaux, je matte distraitement les filles du wagon, il faut dire que la clientèle y est plus intéressante que celle qui fréquente le RER aux heures de pointe.
Je me demandais alors pourquoi est-ce que souvent les riches sont plus jolies que les pauvres (c’est un avis personnel, mais bordel, dans les contes genre peau d’âne et compagnie, les pauvres filles sont quand même des putains de bombasses, m’enfin elles étaient pas habillés en survet’ et n’avaient peut être pas des yeux gonflées de soucis comme ceux de payer le loyer puisqu’elles étaient logées chez leurs tantes acariâtres).

Sur ces considérations sociologiques j’allume mon lecteur MP3 afin de me livrer à un banc d’essai technique avant que le train ne démarre.
Mine de rien, ces tests ne sont pas conduits à la légère comme peuvent le prêter à penser mes diverses divagations.
L’isolation par double vitrage est excellente, de même que la moquette assez épaisse amortit nombre de bruits extérieurs (jeu du châssis et des bogies du train) et intérieurs (les pas des passagers et de leurs sales gosses qui courent dans les travées, j’ai lutté pendant 1h15 contre l’idée de leur faire un sale croc en jambe innocent pour apprendre à vivre a ces sales fils de bobos gavés de Biolay et de Renaud dès leurs 3 ans).

Le seul bruit audible à l’arrêt est ce que je suppute être le préchauffage des motrices qui produisent un léger bourdonnement, vous serez plus à l’abri en vous plaçant en milieu de rame. Le départ se fait de manière tout à fait douce et l’augmentation des bruits de propulsions est vraiment raisonnable, (même les boms-boms de départ et d’arrivé sont sourds et feutrés) la régularité de ces bruits et leur faible niveau vous permettront par exemple de profiter pleinement des violons à la fin de « Satellite of Love » de Lou Reed.
Il va sans dire que des albums prodiguant un rock plus simple et plus péchu ne poseront absolument aucun problème, comme l’écoute entière de « Magic Potion » un album des Black Keys, dommage que à part le morceau « Your Touch » l’album ne soit pas réussi plus que ça, mais ça c’est une autre histoire. Bref, dans cet asile de calme privilégié, toute la palette de sons livrée par vos écouteurs sera parfaitement audible

J’étais assis dans le pont inférieur d’un TGV à deux étages et les seuls deux ombres au tableau se font au niveau du croisement avec un autre bolide pesant plusieurs dizaines de tonnes filant à plus de 200 km/h) à un mètre de vous.

Le fort sifflement strident se répète 3 ou 4 fois entre Paris et Le Creusot, heureusement, à cette vitesse il dure moins de deux secondes, mais quasiment rien n’est clairement audible, même avec un casque plutôt bien isolé.
Le deuxième problème se situe au niveau de la finition intérieure, pendant certaines phases de modulation de vitesse, la vibration légère des fauteuils entre en résonance avec celles des panneaux muraux et ceux des encadrements de fenêtres.
Cela crée pendant quelques secondes des claquements secs, comme ceux d’une mitraillette à un niveau assez élevé pouvant vous pourrir le final de « Loving Cup » des Stones où les choeurs sont juste bouffés.

Mis à part ça, la première classe du TGV remporte haut la palme, tant son niveau d’isolation acoustique est sans égal comparé aux autres trains testés, ceux-ci sont donc relayés au rang de simples wagons à bestiaux.

Rassurez vous, au retour j'avais une 2eme classe, que je chroniquerais aussi, en prenant bien sûr soin de vous détailler ma théorie de l'abaissement des classe sociales inférieures par le biais des échafauds et piloris modernes que sont les horribles rayures jaunes pipi et bleu lagon présentes sur les sièges.